Henda Ayari : La première plaignante dans l’affaire Tariq Ramadan mise à mal

Henda Ayari : La première plaignante dans l’affaire Tariq Ramadan mise à mal
Source : Lesinfos.ma
17/05/2018 13:00

L’écrivaine a été longuement auditionnée par les juges ce mardi 15 mai. Si elle accuse le théologien de viol le jour de leur rencontre à Paris, Tariq Ramadan a une toute autre version et certains faits jettent le discrédit sur la version de la plaignante. Explications.

Ce mardi 15 mai, Henda Ayari, première plaignante dans le scandale Tariq Ramadan, a été entendue par les trois juges d’instruction chargés de l’affaire. Elle a raconté, durant plusieurs heures, selon les médias français, sa version des faits. Une version entachée de plusieurs incohérences.

 

Versions divergentes


C’était le 20 octobre 2017 que Henda Ayari a porté plainte officiellement contre Tariq Ramadan. Elle l’avait accusé de l’avoir violée au printemps 2012, dans un hôtel parisien, en marge d’une conférence qu’il avait donnée, le 6 avril 2012. Accusations que réfute catégoriquement l’islamologue qui a expliqué l’avoir rencontrée une seule fois lors de cette même conférence. Il raconte qu’à la fin de son intervention, Henda Ayari serait venue discuter avec lui. Elle aurait alors confié qu'elle se serait prostituée par le passé et lui aurait demandé si cela pouvait lui être pardonné. Ces éléments, repris par les médias français hier, ont été démentis sur les réseaux sociaux par l’intéressée qui dénonce des propos mensongers et diffamatoires pour salir son image. Elle affirme aussi que c’est bien le théologien qui l’aurait contactée sur Facebook, à la suite d’une publication où elle apparaissait non voilée.
Mais, dans la chronologie des faits relatée par la plaignante, plusieurs éléments jouent à la faveur de Tariq Ramadan. Ainsi, dans ses premières déclarations, Henda Ayari a indiqué qu’après les faits du viol présumé, elle avait coupé les ponts avec le théologien qui continuait à la « harceler » via les réseaux sociaux, notamment. Ce que la défense de l’islamologue a démenti en produisant plusieurs preuves attestant que c’est bien Henda Ayari qui a tenté de le revoir, à plusieurs reprises, lors d’échanges datant de 2013 et 2014. Soit deux ans après les faits présumés. Selon le journal français Libération, qui a pu consulter lesdits échanges, Henda Ayari aurait fait des propositions sexuelles explicites à Tariq Ramadan. Henda Ayari quant à elle s’est justifiée en plaidant « l’emprise psychologique » sous laquelle elle se serait trouvée vis-à-vis de Tariq Ramadan.
D’autres imprécisions sont venues se greffer à l’affaire. En décembre dernier, la défense du théologien a versé au dossier une copie d’écran d’un des nombreux téléphones portables de Ramadan. Dans l’un des messages, Henda Ayari écrit : « Je suis désolée si ma photo vous a choqué, ce n’était pas vraiment mon intention ». Ce message est daté du 23 avril 2012, c’est-à-dire plus tard que les dates de séjour de Tariq Ramadan à l’hôtel où se serait produit le viol.

 

Un autre témoignage décrédibilise Henda Ayari


Coup de théâtre. En décembre 2017, un homme a accusé Henda Ayari de harcèlement. Le « fonctionnaire assermenté » selon les médias, et encore inconnu au bataillon, a affirmé que la première plaignante dans cette affaire aurait pris contact avec lui en mars 2013 pour obtenir des renseignements juridiques dans le cadre de problèmes professionnels. « Quelques jours après, elle voulait me revoir, me disant avoir besoin de réconfort. J’ai indiqué être marié, elle insistait, je refusais ses avances ». Il affirme avoir été ensuite harcelé par Henda Ayari, qui l’aurait finalement menacé de porter plainte pour viol.
Accusations que la défense de l’écrivaine a catégoriquement rejeté. Son avocat de l’époque avait d’ailleurs accusé la partie adverse de tentative de déstabilisation, ni plus ni moins.
En raison du temps qui s’est écoulé entre les faits de viol présumé et le dépôt de plainte, la bataille de Henda Ayari semble très complexe, voire vaine... D'autant que de multiples preuves s’accumulent contre elle depuis le début de l’affaire. Tariq Ramadan est toujours incarcéré à Paris dans l’attente de son jugement. Durant ce laps de temps, les autres plaignantes seront auditionnées. « Marie », la troisième plaignante, reste le point-clé de cette affaire. Cette dernière ayant fourni des preuves concrètes d’avoir, au minimum, entretenu des relations intimes avec l’islamologue. Ce dernier a fini par ailleurs par reconnaître une « relation » avec « Marie » sans toutefois en préciser la nature.


 







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