Boycott : Quand la communication du gouvernement est en crise !

Boycott : Quand la communication du gouvernement est en crise !
Source : Lesinfos.ma
06/06/2018 13:00

Problèmes de communication interne, sorties médiatiques sur fond de scandale, discours contradictoires, menaces, insultes (…). Le gouvernement traverse une crise sans précédent depuis que le mouvement de boycott a fait transparaître ses failles.

La toile est (encore une fois) en ébullition et Lahcen Daoudi, ministre chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, est au cœur d’une vive polémique. En cause, une manifestation réunissant lundi soir des centaines de salariés de Centrale Danone et à laquelle le ministre a pris part pour souffler aux oreilles des manifestants quelques slogans pour le moins surprenants. À l’origine de plusieurs polémiques depuis que le mouvement de Boycott a émergé, Lahcen Daoudi est devenu une sorte de symbole des défaillances du gouvernement en matière de gestion de crise… et il n’est pas le seul !

Lahcen Daoudi, figure de proue de la crise politique

Dans cette vidéo largement relayée par les médias, on voit Lahcen Daoudi aux côtés des employés de l’entreprise de produits laitiers, dénonçant en désespoir de cause un mouvement de boycott « qui met en danger l’économie nationale ». Il n’en fallait pas moins pour que la toile gronde et que le Chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani, sorte de son gongs. En effet, selon les informations de nos confrères du journal Hespress, le chef de l’Exécutif aurait été surpris par les agissements de son ministre et l’aurait appelé pour lui signifier son manque de professionnalisme. Et ce n’est pas la première fois que le ministre en charge des Affaires générales et de la Gouvernance se fait épingler par l’opinion publique. Depuis le lancement du mouvement de boycott, il s’est distingué comme étant un fervent défenseur des intérêts de Centrale Danone, allant jusqu’à mettre mal à l’aise la multinationale suissesse et la poussant même à démentir plusieurs de ses déclarations. Pourtant, malgré les critiques, de l’enceinte du Parlement aux plateaux de télévision, le ministre n’a eu de cesse de se ranger du côté de l’entreprise boudée, en exhortant les boycotteurs à consommer ses produits pour que cette dernière ne mette pas les voiles. Une stratégie perdante qui a davantage nourri la colère des consommateurs qui l’accusent d’être à la solde de « l’ennemi » et qui exigent aujourd’hui sa démission.

Benkirane : La carte définitivement perdante

Dimanche dernier, la toile a été littéralement choquée par la sortie surprise de l’ancien Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane. Dans une courte vidéo, l’ancien patron du PJD a lui aussi pris la défense de Centrale Danone en implorant les Marocains de reprendre la consommation des produits de la multinationale « dans l’intérêt de l’économie nationale et des petits agriculteurs menacés par la crise ». Manque de bol, les internautes ont déterré une ancienne vidéo de Benkirane, à l’époque où il était encore chef de l’Exécutif, où il appelait… au boycott de Danone tout en invitant une foule en délire à « fabriquer ses propres yaourts tant que les prix n’auront pas baissé ».
Dans cette tentative vaine de réconciliation, le PJD a brandi la mauvaise carte, celle d’un personnage politique dont la popularité est en chute libre depuis qu’il est tenu pour principal responsable de la crise actuelle. D’ailleurs, plusieurs personnalités publiques et « influenceurs » d’opinion ont pris la parole pour dénoncer le double discours d'Abdelilah Benkirane et lui suggérer de se faire oublier dans un contexte de crise auquel, selon leurs dires, plusieurs de ses décisions ont grandement contribué.
Ces graves erreurs viennent se greffer à la liste des innombrables faux-pas du gouvernement depuis que le mouvement du boycott est devenu une réalité. Persuadé que la colère des consommateurs n’est qu’éphémère, le gouvernement a longtemps fait la sourde-oreille et ses tentatives - beaucoup trop tardives - de se rattraper se sont soldées jusqu’à présent par de cuisants échecs. Entre la communication interne que l’on devine défaillante, les choix de « porte-parole » qu’on pourrait qualifier d’erreurs de casting, les menaces d’emprisonnement et les insultes à foison, tous ces « couacs » témoignent aujourd’hui de « l’amateurisme » de politiciens dans l’incapacité de gérer une crise et de renouer le dialogue.




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