Football et pétages de plombs : Mais que se passe-t-il dans le plus beau pays du monde ?

Football et pétages de plombs : Mais que se passe-t-il dans le plus beau pays du monde ?
Source : LesInfos.ma
30/11/-0001 00:00

Des politiciens (dangereusement) loquaces, des députés en colère, un match perdu injustement, des règlements de comptes publics et des Marocains qui pètent une durite… Voilà une semaine qui mériterait plus d’un commentaire !

Chers lecteurs,

 

J’espère que vous vous portez bien et que la frustration soit passée. Moi, je n’essaye plus de relativiser, c’est fini, « chassez le naturel il revient au galop ». Que voulez-vous, j’ai vécu une semaine en dents de scie et chaotique. Il faut dire que d’un côté nous avons des éléments perturbateurs dans notre contrée qui devraient s’imposer, intelligemment, le silence et de l’autre, un événement sportif, empreint d’injustice et d’irrespect. Non, je ne suis pas une mauvaise perdante mais une personne pragmatique et une supportrice très fair-play. Vous voilà au courant.

Lundi, le compte Twitter de l’ancien ministre de la jeunesse et des sports, Moncef Belkhayat de son nom, était inondé de commentaires outrés. En cause, un tweet, un chouïa moralisateur, comparant le but CSC de Bouhaddouz contre l’Iran au mouvement de boycott : « Tout le monde crie au scandale parce qu’un joueur a marqué contre notre camp dans un match de foot de manière involontaire. Personne ne « dis » (sic) rien quand on marque contre notre économie en détruisant des entreprises nationales et de l’emploi de manière volontaire. Cherchez l’erreur », a-t-il martelé, visiblement (très) remonté. Moi, il y a deux-trois trucs qui me posent problème dans ces propos et chez ce monsieur. D’une, « tout le monde » n’a pas crié au scandale. Il est vrai que les supporters Marocains étaient très énervés et frustrés, mais passée cette colère spontanée et légitime, ils ont non seulement relativisé mais Bouhaddouz a bénéficié d’un énorme mouvement de solidarité. Alors pour le « tout le monde », on repassera. De deux, c’est l’identité de l’auteur qui me laisse perplexe. Moncef Belkhayat a été au cœur de plusieurs scandales. Entre sa voiture de fonction luxueuse payée rubis sur ongle par le contribuable, ses propos complotistes sur feu le mouvement du 20 février et j’en passe et des meilleures… Je crois qu’il a, de son côté, manqué une occasion de se taire en plus de s’être tiré une balle dans le pied bêtement. Alors bon, maintenant qu’il se trouve en Russie, je lui conseillerai de se détendre et de profiter du dernier match des Lions en s’éloignant des réseaux sociaux un petit moment. Merci à lui.

Mardi, nous apprenions que le projet de réforme de la Caisse des retraites parlementaires ne plaisait pas à tous le monde et particulièrement pas aux anciens députés qui crient à l’inconstitutionnalité de la chose. En fait, il paraîtrait que la baisse de leur pension mensuelle (de 1.000 à 700 dirhams), la suppression du cumul des indemnités et le changement de l’âge de retraite (avant, ils touchaient leurs pensions dès la fin de leur mandat, le nouveau texte fixe à 65 ans l’âge auquel ces messieurs peuvent prétendre toucher lesdites pensions) ne les arrangent pas trop. Les pauvres, je compatis. Deux jours plus tard, le député PSU, Omar Balafrej enfonce le clou et annonce militer pour la suppression pure et simple de cette retraite. « Être parlementaire n’est pas un métier ! (…). Il n'est pas justifié qu'à la fin du mandat, les parlementaires bénéficient d'une pension ou retraite. La logique et le bon sens sont qu'après son mandat, tout parlementaire retrouve une activité de "citoyen normal", par exemple, chercher du travail ». Merci, au revoir, plus rien à ajouter.
Mercredi… le match Maroc-Portugal. Sur les réseaux sociaux, l’heure était à la nostalgie et aux prières sarcastiques. Les Lions ayant une seule fois dans leur histoire affronté les Lusitaniens en 86 en gagnant haut la main le duel, certains espéraient revoir la même performance quand d’autres imploraient Ronaldo de « respecter notre dignité ». Une fois sur le terrain, l’équipe nationale s’est battue et a même dominé les champions d’Europe en titre devant un public conquis. Malheureusement, le but de Ronaldo (validé malgré la faute de ce bon vieux Pepe sur Boutaïb), a scellé le destin d’une équipe qui méritait de gagner. Jeux de mains, jeux de vilains, notons qu’au moins un penalty ne nous a pas été accordé malgré la main baladeuse de ce même Pepe. Bref. Mon sentiment d’injustice me plombe le moral et je déplore la non utilisation du VAR – on dirait qu’on ne l’utilise que pour les « grandes » nations, c’est à se tirer un ballon dans la tronche – et la partialité de l’arbitre américain visiblement grand fan de CR7. Non, je ne suis pas une mauvaise perdante, autant je pourrais confirmer qu’en 98 le penalty accordé à la Norvège contre le Brésil pendant qu’on écrasait l’Écosse était totalement justifié (Flo s’étant effectivement fait tirer le maillot par un défenseur de la seleção en surface de réparation), autant là je crie au scandale. C’est mon droit et que personne ne s’avise à le contester.
Jeudi, les « guignols » de Mehdi Benatia ont fait les choux-gras des médias. Le capitaine de l’équipe nationale, visiblement très remonté, a mitraillé sans les nommer des prétendus guignols qui se seraient montrés insultants envers ses hommes. Mon réseau de t’berguig international m’a confirmé qu’il parlait bien de Mustapha Hajji et d’une supposée embrouille à l’issue du match contre l’Iran. N’en connaissant ni les tenants ni les aboutissants, je préfère me taire. Je respecte Hajji autant que Benatia et j’attends avec impatience les règlements de comptes publics après le match contre l’Espagne. Non pas que je sois friande des embrouilles dignes des cours de récréations, avouons-le au moins, mais je reste convaincue que notre bonne vieille fédération du ballon rond a besoin d’un « p’tit » scandale histoire de mettre un bon coup-franc dans la fourmilière. Peut-être que je divague mais je me prépare, en attendant, un grand seau de pop-corn ! Je vous invite à en faire de même, ça promet !
Pour clôturer ce long monologue, je profite de ces dernières lignes pour décerner le titre « d’homme du match » à l’excellent Nordin Amrabet, qui nous a littéralement régalés tout au long du duel contre le Portugal. En espérant que les Lions garderont ce même esprit combatif contre la Roja, je vous souhaite un excellent week-end et vous donne rendez-vous la semaine prochaine, incha’allah !

Salut !




Recherche

En bref Voir plus



Les articles les plus lus

Buzz

Newsletter
Conformément à la loi 09-08, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et d’opposition au traitement de vos données personnelles.
Ce traitement a été autorisé par la CNDP sous le n° D-W-343/2017

*: champ obligatoire

Météo

En poursuivant votre navigation sur notre site internet, vous acceptez que des cookies soient placés sur votre terminal. Ces cookies sont utilisés pour faciliter votre navigation, vous proposer des offres adaptées et permettre l'élaboration de statistiques. Pour obtenir plus d'informations sur les cookies, vous pouvez consulter notre Notice légale