Cliniques privées : L’ANCP défend les chèques de garanties avant admission des malades

Cliniques privées : L’ANCP défend les chèques de garanties avant admission des malades
Source : LesInfos.ma
11/07/2018 16:55

Bien que cette pratique soit strictement illégale, l’Association Nationale des Cliniques Privées défend la garantie par chèque. En l’absence d’un accès à la base de données des assurances et de sérieuses alternatives, ces garanties continueront à être exigées.  

Fraîchement élu, le nouveau bureau de l’Association Nationale des Cliniques Privées (ANPC) a tenu une conférence de presse ce lundi, retransmise par nos confrères de Médias24, dans laquelle ses membres ont abordé plusieurs sujets sensibles. Parmi lesquels la très controversée méthode pratiquée par les cliniques du royaume qui consiste à exiger des chèques de garanties aux malades avant même leur admission. Une pratique très dangereuse, certains patients se trouvant parfois en danger de mort, en plus d’être strictement interdite par la loi.

Aucune alternative 

Et bien que les membres de l’ANPC reconnaissent l’illégalité des chèques de garanties, ils expliquent ne pas avoir d’autres alternatives et donc ne pas pouvoir exclure cette pratique. En effet, dans l’impossibilité d’accès à la base de données des assurances, pour vérifier si le patient est assuré ou non, les cliniques s’en trouveraient « contraintes » d’imposer des garanties pour se protéger de tout risque de pertes financières. « En l’absence d’un système informatisé, nous continuerons à recourir à des chèques de garantie », affirme de son coté le président de l’ANCP, Redouane Semlali.
Du côté des patrons des cliniques privées, même son de cloche. Ils reconnaissent l’illégalité des chèques mais affirment continuer à les exiger tant que d’autres alternatives n’auront pas été proposées par le département de Anass Doukkali. « Les autorités savent que nous recourons à ce genre de modalités, et n’interviennent pas. C’est à elles d’y remédier en nous apportant des alternatives. On a proposé au ministère de nous garantir 2 ou 3 jours d’hospitalisation. Nous arrêterons dès lors de demander des chèques de garantie », déclare l’un des investisseurs. Mais, du côté du ministère de la Santé, silence radio et aucune solution ne semble recevable.

Assumer sa part de responsabilité

Quant aux tarifs particulièrement élevés de ces établissements privés, très souvent dénoncés par nombre de patients, l’ANPC rejette la responsabilité sur les assurances qui ne couvrent pas suffisamment les soins des malades, qui se trouvent obligés de payer le reliquat. « Les montants remboursés par les assurances maladies n’atteignent même pas les coûts de revient. Un lit de réanimation est remboursé à hauteur de 1.500 DH alors que son coût de revient s’élève à 4.000 DH. Le patient supporte alors le reliquat des frais », précise le président de l’ANPC.

Si, dans un sens, les membres de l’ANPC ont mis la lumière sur plusieurs interrogations, ils ont profité de cette conférence de presse pour jeter la « patate chaude » et au ministère de la Santé et aux assurances. En effet, le ministère de tutelle comme les sociétés d’assurances ont leur part de responsabilité dans les nombreuses polémiques qui concernent les cliniques privées du royaume. En l’absence d’alternatives et d’accords entre les principaux acteurs de la santé privée, certaines pratiques pourtant illégales resteront maintenues au nez et à la barbe des autorités, pendant que les patients resteront les uniques victimes collatérales.




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