Sécurité alimentaire : Plus d'un million de Marocains sous-alimentés selon l'ONU

Sécurité alimentaire : Plus d'un million de Marocains sous-alimentés selon l'ONU
Source : LesInfos.ma
12/09/2018 15:15

Selon le rapport 2018 sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, publié mardi et signé par l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, près de 1,4 million de Marocains sont sous-alimentés. Un chiffre édifiant qui s'accompagne néanmoins d'une hausse significative de la prévalence de l'obésité.

Plus de 1,4 million de personnes sous-alimentées au Maroc entre 2015 et 2017 ! Ce chiffre déroutant est dévoilé par le dernier rapport 2018 sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde. Si ce nombre est encore beaucoup trop important dans un pays comptant plus de 35 millions d'habitants, il tend néanmoins à décliner sensiblement. En effet, le document onusien souligne le recul enregistré par le royaume qui dénombrait, entre 2004 et 2006, près de 1,7 million de personnes sous-alimentées. 

En Algérie voisine, le nombre de personnes sous-alimentées s'élève à 1,9 million, tandis qu'en Égypte il atteint les 4,6 millions et ils seraient près de 10 millions de personnes sous alimentées au Soudan. 

Ainsi, le document informe que la prévalence de la sous-alimentation dans la population totale au Maroc a baissé de 5,7 points entre 2004 et 2006 à 3,9 points entre 2015 et 2017. « Dans son environnement nord-africain, composé selon le rapport de l’Algérie, de l’Égypte, de la Libye, du Soudan et de la Tunisie, la prévalence de la sous-alimentation parmi la population totale au Maroc reste loin de la moyenne, fixée par la FAO à 8,4% », relayent nos confrères de Yabiladi.

Ce rapport inquiétant pour bon nombre de nations africaines a été réalisé en collaboration par l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, le Fonds international de développement agricole (FIDA), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les données réunies par l'ensemble de ces organismes ont ainsi permis de dresser un tableau complet de la situation alimentaire dans le monde.

Les ravages de la malnutrition

Ainsi, si la sous-alimentation est présentée en figure de proue, elle ne s'en accompagne pas moins de ses corollaires, la faim et la malnutrition.

Le rapport pointe en effet du doigt la prévalence de ces deux phénomènes galopants à l'échelle planétaire. 

821 millions de personnes en 2017, soit une personne sur neuf, souffre de la faim, indique le rapport, malgré certains progrès réalisés afin d'enrayer cette tendance. «La faim est en hausse depuis ces trois dernières années, marquant de ce fait une régression vers les niveaux enregistrés il y a près de dix ans. Cette régression signifie que plus d’efforts doivent être faits, pour atteindre l’objectif Faim Zéro d’ici 2030 », souligne le rapport de la FAO.

Quant à la malnutrition, elle se traduit sous différentes formes allant « du retard de croissance chez l’enfant à l’obésité adulte », précise le document. Une tendance qui n'épargne pas le Maroc. Bien au contraire, le royaume se caractérise par une hausse notable – et inquiétante – des cas d'obésité chez les adultes. Ainsi en 2016, près de 5,9 millions de Marocains étaient considérés obèses contre 4,8 millions en 2012. Le rapport ajoute que le Maroc présente une prévalence pour l'obésité chez l'adulte supérieure à 20%. Il figure également parmi les pays affectés par les diverses formes de malnutrition aux côtés de l'Algérie, de la Tunisie mais également de la Serbie, dans la rubrique des pays présentant une prévalence de l'obésité infantile égale ou supérieure à 10%.

Selon ce même rapport, les quelques progrès observés en matière de lutte contre les différentes formes de malnutrition restent insuffisants pour juguler «une situation qui menace la santé de centaines de millions de personnes». Et d'ajouter que « la variabilité affectant le régime des pluies et les saisons agricoles, en plus des événements climatiques extrêmes tels que les sécheresses et les inondations, font partie des facteurs clés expliquant la hausse de la faim, sans oublier les conflits et les crises économiques ». Ces raisons témoignent une nouvelle fois de l'urgence et de la nécessité d'agir en amont et d'amorcer enfin un réel virage environnemental.




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