De grandes premières et des petites victoires !

De grandes premières et des petites victoires !
Source : LesInfos.ma
14/09/2018 11:45

Chers lecteurs,

J’espère que vous vous portez bien et que vous avez fêté le nouvel an hégirien comme il se doit, autour de lait et de bonnes dates. Pour ma part, j'avoue avoir fait une overdose de « Baghrir » et autres « Briouates » ainsi que de nos politicards surexcités, qui ont fait d’une affaire quelque peu ridicule une sorte de combat vital pour le bien de nos petites têtes brunes. Sans blague ! C’est donc plongée dans mon désarroi et mes diverses hallucinations que je ris. Que voulez-vous ! Je les trouve un chouïa pathétiques et pas crédibles pour un dirham. Crise de confiance oblige, vous m’en excuserez.

            C’est donc lundi que notre illustre Chef de l’Exécutif, Saâdeddine El Othmani de son nom, est enfin sorti de son éternel mutisme pour contester l’introduction du dialecte dans les manuels scolaires. N’ayant visiblement pas digéré ni mille-trous ni Samoussas et encore moins goûté à la récupération politique de quelques partis prêts à bondir de leurs chaises pour verser dans le populisme, il a décidé de se désolidariser du brouhaha ambiant et de trancher dans le vif. La darija à l’Éducation nationale ? C’est niet et c’est indiscutable. Point. Solution ? Corriger toutes ces « erreurs » après vérification voire renoncer aux manuels incriminés après la consultation du Conseil supérieur de l’Éducation, de la Formation et de la Recherche scientifique. L’hamdoullah, nous voilà sortis d’affaire. Quelques jours après la rentrée scolaire, on réfléchit à la possibilité de rééditer de nouveaux manuels. Tordant.

            Mardi, nous apprenions dans les colonnes de plusieurs journaux qu’une Marocaine a porté plainte contre quelques gus qui l’auraient harcelée sexuellement avant de tenter de s’en prendre physiquement à son mari venu naturellement la défendre (en gros). La première déposition du genre dans le royaume enchanté ! Fait « étonnant », parmi les harceleurs se trouvaient quelques comédiens moyennement connus du grand public, dont un Zouhir Zaer pour ne pas le nommer, qui s’est illustré lors du dernier Marrakech du rire dans un sketch sur le harcèlement sexuel...

C’est ainsi que, face à un public hilare, le petit comique a dressé les différents profils des harceleurs à la perfection (que voulez-vous, il connaît bien son sujet), tout en faisant mine de condamner ces agissements plus que violents dans nos rues. Qu’on se mette d’accord, le sketch n’est pas drôle, mais la situation l’est et je m’en délecte. La concernée explique qu’elle ira jusqu’au bout de ses démarches et ce, malgré les supplications des accusés. Une décision plus que louable parce qu’il est grand temps que les Marocaines luttent contre ce fléau avec l’appui des lois et que ces agissements ne restent plus impunis. Amen.

            Mercredi, pendant que plusieurs de ses soutiens hurlaient (et hurlent toujours) au complot international (soupir), Saad Lamjarred s’est révélé être un casse-tête pour la justice française. Accusé de viols à Paris et à Saint-Tropez et relâché provisoirement par le parquet de la capitale française et sous caution par le parquet de la Côte d’Azur, les deux tribunaux ont décidé de faire appel de la dernière décision en date et demandent à ce qu’il soit remis derrière les barreaux. Une première apparemment pour la justice de l’Hexagone (que deux parquets fassent appel d’une décision en même temps). Et pendant que plusieurs journaux et émissions se demandent légitimement pourquoi il a été relâché en premier lieu après l’affaire l’opposant à la toute première plaignante, et que les Français ne semblent pas contents qu’un potentiel danger public ait été autorisé à circuler librement sur leur territoire, du côté du Royaume c’est un autre « délire ». Et oui, pendant que le débat fait rage de l'autre côté de la Méditerranée, nous, nous avons le plaisir incommensurable d’écouter ses tubes en boucle sur nos ondes. Comme si de rien n’était. Alors bon, oui l’affaire de Lamjarred est devenue psychologiquement usante à bien des égards, mais elle n’en demeure moins bien représentative de la banalisation de crimes abjects dans notre pays dès que l’accusé est doté d’une importante notoriété et d’un capital sympathie… plus que discutable. Lah yester.    

    Jeudi, pendant que les urgences du CHU de Marrakech fermaient leurs portes « tranquillou » après l’enregistrement de huit cas de tuberculose dus à un système de climatisation complètement défaillant (oui, apparemment quand tu essayes de te faire soigner dans un hôpital du plus beau pays du monde, tu risques d'en sortir avec bien pire), nous apprenions que Nasser Zafzafi, leader du Hirak du Rif, fait partie des nommés au Prix Sakharov, qui prime chaque année les acteurs de lutte pour les Droits de l'Homme. Oui, le gars qui s’est mangé vingt ans de prison dans la tronche dans son propre pays est en passe de se faire récompenser par le Parlement européen. Rien que ça. D’ailleurs, ses parents se trouvent actuellement en France, sur invitation du parti de la France Insoumise, afin de s’exprimer devant l’Assemblée Nationale sur les événements qui ont secoué Al Hoceima et sur la situation des détenus du soulèvement du Rif. Nul besoin de vous dire que cette invitation qualifiée d’inopportune n’est pas du goût de tout le monde. Mustapha El Khalfi, le porte-parole de notre cher Gouvernement, qui a été invité à réagir, a refusé catégoriquement d’émettre un quelconque commentaire. C’est bien, il a certainement appris au fil du temps que « c’est clair » n’est définitivement pas une réponse. Est-ce clair ?

Allez, je vous salue chers lecteurs et au plaisir de vous écrire la semaine prochaine, inchallah !

Par Majda El Krami




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