Dix ans après Lehman Brothers, le spectre d'une nouvelle crise économique mondiale plane

Dix ans après Lehman Brothers, le spectre d'une nouvelle crise économique mondiale plane
Source : LesInfos.ma
14/09/2018 15:40

Les gendarmes de la finance tirent d'ores et déjà la sonnette d'alarme et annoncent la possibilité – voire l'imminence – d'une nouvelle grave crise économique dont l'origine serait le surendettement colossal de grandes entreprises et groupes mondiaux. Un spectre qui évoque les heures douloureuses de la crise des subprimes et la chute vertigineuse de la banque Lehman Brothers, dix ans plus tôt.

Ils avaient tous promis, responsables politiques, gendarmes de la finance et banquiers, tous, la main sur le cœur, que le scénario catastrophe de la crise des « subprimes » - qui a bouleversé l'économie mondiale en 2008 – ne se reproduirait plus ! Or, selon les analystes relayés par l'hebdomadaire allemand Die Zeit, le risque de déraillement est, dix ans plus tard, à nouveau au plus haut sur les marchés financiers. La faille proviendrait cette fois-ci des entreprises qui enregistrent des dettes titanesques, accumulées sur plusieurs années.

Elles s'appellent Tesla, Netflix, Campbell Soup, HNA (le conglomérat chinois) ou encore Hapag Lloyd (l'armateur allemand) et sont les arbres qui cachent la forêt. Ces grandes entreprises ont accumulé des milliards de dollars de dettes et leurs titres sont considérés comme des « junk bonds » [des « obligations pourries », à rendement élevé mais à haut risque, précise Courrier International]. Ces entreprises qualifiées de « géants du junk » par l'agence spécialisée Bloomberg, sont en effet rattrapées par quantité de firmes qui adoptent les mêmes fonctionnements financiers : une quête effrénée au rendement qui incite les investisseurs « à prêter de l'argent à des entreprises déjà endettées jusqu’au cou », affirme la même source. Malgré les Cassandre, les fonds d'investissements plongent tête la première sur ces « junk bonds » et reproduisent invariablement « les mécanismes de répartition du risque » qui ont dominé lors de la crise des prêts hypothécaires à risque [subprimes].

Rachats, fusions voire faillites

Alors que nombre d'analystes évoquent d'ores et déjà l'émergence d'une bulle qui pourrait exploser en récession mondiale, le géant du Conseil, le cabinet McKinsey, évalue le montant des emprunts souscrits par les entreprises. A l'échelle mondiale, ceux-ci atteindraient la somme colossale de 66 000 milliards de dollars, soit un endettement des entreprises multiplié par deux, au cours des dix dernières années ! Pire, avec l'emballement des investisseurs, ce sont environ 2 000 milliards de dollars – soit deux fois et demie plus qu’en 2007 – de « d'obligations pourries » qui sont émises tous les ans, à l'échelle mondiale. L’Office of Financial Research, organisme financier mis en place par le gouvernement américain après la faillite et le scandale Lehman Brothers, « afin d’identifier les failles du système financier », avait en effet tiré la sonnette d'alarme dans son rapport annuel 2017, pour dénoncer la qualité désastreuse des crédits. Une situation qui n'est pas sans rappeler le contexte de la crise de 2008 et qui se caractérise par une qualité des emprunts en dégringolade continue, alors même que le marché poursuit son développement.

Selon Die Zeit, les « junk bonds » font partie de l'ADN des sociétés de capital-investissement. Si avec les capitaux empruntés, elles permettent « d'ajouter des actifs à leur portefeuille », elles n'en restent pas moins des proies de choix pour les « rachats, fusions voire faillites », corollaires indésirables des crédits outranciers. Les spécialistes tempèrent quelque peu néanmoins, en soulignant que – pour l'heure – « l'horizon semble dégagé », annonce Courrier International. Mais selon le cabinet McKinsey, les entreprises devront rembourser, dans les quatre années à venir, près de 8 000 milliards de dollars d'emprunts. Des dettes qui appelleront de nouveaux crédits, - à des taux d'intérêts supérieurs [ « la Réserve fédérale américaine vient de relever ses taux directeurs et la BCE va mettre un terme à sa politique d’assouplissement monétaire », annonce la même source] – et amorceront un nouveau cercle vicieux poussant les entreprises à tout les sacrifices pour honorer leurs engagements. Un scénario qui n'augure rien de bon...







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