La MAPA, une réponse aux besoins grandissants du transport aérien, mais pas pour la RAM ?

La MAPA, une réponse aux besoins grandissants du transport aérien, mais pas pour la RAM ?
Source : LesInfos.ma
19/09/2018 13:15

Le chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani salue l'inauguration de la Morocco Aviation Private Academy (MAPA), installée à l’aéroport de Benslimane : un centre de formation « à même de répondre aux besoins grandissants dans le domaine du transport aérien aux plans national, arabe et africain ». Pourtant la Royal Air Maroc n'en sera pas la première bénéficiaire...  

L'heure est aux réjouissances sur les tarmacs de Benslimane. La MAPA, fruit d’un partenariat maroco-jordanien, entre officiellement en activité à compter de ce mardi 17 septembre et apportera « à coup sûr, une valeur ajoutée au transport aérien aux plans national et régional », a annoncé le chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, en présidant l’inauguration de ce centre de formation.

Cet établissement privé et le projet académique qu'il défend s'inscrivent dans la droite lignée de la stratégie annoncée par le Roi Mohammed VI dans le dernier discours de la Révolution du Roi et du Peuple, concernant le domaine de la formation professionnelle. Il s'appliquera en effet à mettre en adéquation la formation et le marché de l'emploi, qui se caractérise par un besoin croissant de pilotes de ligne et spécialistes du secteur aéronautique. Selon les estimations formulées par Saad Eddine El Othmani, « l'Afrique aura besoin, dans les années à venir, de quelque 4.900 pilotes et d’un nombre important de techniciens », ajoutant par ailleurs que 20% des étudiants de cette académie privée sont de nationalités étrangères, issus en grande partie de pays africains.

El Othmani souligne par ailleurs que cette académie bénéficiera de toute l'aide nécessaire, en accordant   notamment des « facilités aux investisseurs ». Et pour cause, cet établissement est en harmonie avec le plan d’accélération industrielle – faisant la part belle au secteur automobile et aéronautique - amorcé par le gouvernement. 

La MAPA confirme, en outre, la volonté du Royaume de «consolider la coopération avec les frères arabes et le partenariat avec l’Afrique, parce que le Maroc est un pays africain et fier de son appartenance africaine», a assuré le chef du gouvernement, relayé par la MAP.

« Il a exprimé sa satisfaction de l’obtention par l’Académie de la licence nationale en matière de formation des pilotes de ligne et de l’agrément européen EASA pour les techniciens de la maintenance aéronautique, notant qu’elle est en cours de mise en conformité avec les standards européens pour les pilotes, ce qui élargira davantage les perspectives des lauréats », indique la même source.

Exit la Royal Air Maroc ?

Bien que le projet semble enthousiasmant, il soulève néanmoins certaines questions. La MAPA ambitionne d’attirer annuellement quelque 300 étudiants des pays arabes et africains, annonce l'académie. Ces futurs pilotes pourront-ils renflouer les rangs de la RAM ? La compagnie nationale a, pour rappel, traversé cet été une crise de grande ampleur, notamment en raison d'un sérieux manque d'effectifs et d'une politique commerciale sauvage. L'arrivée de sang neuf pourrait en tout état de cause alléger la pression subie par les pilotes de la RAM et répondrait à l'une des revendications du syndicat des pilotes de ligne (AMPL). Ces derniers avaient en effet requis la réouverture de l'école de la Royal Air Maroc, qui formait entre 40 et 60 pilotes par an, et fermée par l’État en 2014.

Au cœur de la crise, une source autorisée interrogée par nos confrères de Médias 24, commentait la singularité de l'ouverture d'une telle école, au regard des besoins de la RAM. Celle-ci a en effet précisé que la MAPA dispense des « licences est reconnues par l’OACI [organisation internationale de l’aviation civile, ndrl] qui permet de travailler dans de nombreux pays sauf en Europe qui requiert la norme EASA [agence européenne de la sécurité aérienne, ndlr], et en Amérique de la FAA [Federal aviation administration, ndrl]. S'il est possible de procéder à des équivalences, avance la même source, il n'en reste pas moins « surprenant » que la compagnie nationale ne recrute pas ces éléments. « En l’état actuel des choses, les 60 à 80 étudiants de l'école, qui seront opérationnels dans deux ans, ne seront pas embauchés par la RAM qui refuse de valider leur parcours académique pourtant agréé par l’État et in fine par d'autres compagnies internationales de la zone OACI. […] Aujourd’hui, les seuls nouveaux diplômés qu’elle accepte de recruter doivent être passés uniquement par les bancs de l’ENAC, l’ESMA ou OXFORD. […] Partant de ce constat, la MAPA forme donc des Marocains ou des Africains qui vont travailler pour d’autres compagnies que la RAM ou pour des transporteurs locaux comme Arabia ou RAM Express dont les pilotes ne sont pas soumis au même régime de recrutement », annoncent nos confrères de Médias 24.

Par ailleurs, dans une déclaration à la MAP, Mohammed Fayyad Khawaldeh, directeur général de la Royal Jordanian Air Academy (RJA), a expliqué que l’adhésion de son établissement à ce projet, lancé en 2016, émane de sa conviction que le Royaume a un grand besoin en termes de pilotes et de techniciens, au regard de l’extension des activités de la compagnie nationale Royal Air Maroc. Ce projet mixte a nécessité  un investissement d’environ 6 millions de dollars. Il laisse néanmoins planer un brin de doute et perplexité et ne semble pour l'heure pas mettre la RAM à l'abri de nouvelles turbulences...







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