Norvège : Oslo vers une interdiction partielle des voitures

Norvège : Oslo vers une interdiction partielle des voitures
Source : Sciencesetavenir.fr
25/09/2018 08:04

Oslo chasse peu à peu les automobiles de son centre ville, ce qui n'est pas sans poser des difficultés.

Lentement mais sûrement, la capitale de la Norvège chasse l'automobile de son centre-ville. Certes, ce n'est pas l'interdiction totale de circuler dans le centre d'ici 2019 initialement envisagée (et dénoncée par certains comme "un mur de Berlin contre les automobilistes"). Oslo a imaginé une série de mesures dissuasives : suppression de 700 places de stationnement, zonage rendant impossible la traversée du centre en voiture, piétonnisation de rues, renchérissement des péages urbains...  Résultat : le trafic, y compris les très populaires voitures électriques, sera réduit en 2020 à sa portion congrue dans une zone de 1,9 km² de l'hypercentre, où environ 5.500 personnes vivent et 120.000 travaillent.

Une interdiction pavée d'embûches

"Il faut rendre la ville aux gens, que les enfants puissent jouer en sécurité, que les personnes âgées aient des bancs où s'asseoir", plaide Hanna Marcussen, conseillère municipale écologiste en charge du développement urbain, assise sur la place pavée de la mairie, elle-même fermée depuis peu à la circulation. "Et, pour ça, il faut supprimer la voiture qui prend une place disproportionnée", affirme-t-elle. "En 2020, on aura supprimé l'essentiel des voitures particulières du centre-ville. En dehors de celles pour handicapés, il n'y en aura plus", affirme Hanna Marcussen.

La géographie du futur centre d'Oslo sans voiture / Crédits : AFP / Valentina Breschi

À la place commencent à bourgeonner les terrasses de café, du mobilier urbain, des pistes cyclables ou encore des stations à vélos. Désignée "capitale verte de l'Europe"en 2019, Oslo compte purifier son air, gagner en convivialité avec davantage d'activités culturelles et limiter ses émissions de CO2, qu'elle entend réduire de 95% d'ici 2030. Elle défriche ainsi un sentier qui voit de nombreuses grandes villes comme Paris, Madrid, Bruxelles et Helsinki s'éloigner de la logique du "tout-voiture".

Une opposition farouche des pro-voitures

Mais tout le monde n'est pas d'accord avec cette évolution."Ce qu'il y a de plus tragique dans cette guerre à la voiture, c'est que les responsables politiques s'en prennent à la liberté des personnes et à leur portefeuille", proteste Jarle Aabø. Ce spécialiste des relations publiques anime la lettre d'information "Oui à la voiture à Oslo", qui regroupe près de 23.000 membres sur Facebook et où les commentaires sont parfois rugueux. "Je ne sais pas comment tout cela va finir mais je ne crois pas que des cyclistes béats vont venir faire du théâtre de rue et des danses en janvier à -20°C avec de la neige jusqu'aux genoux", souligne-t-il.

 

TRANSPORTS EN COMMUN. Les cyclistes, eux, se réjouissent. "La conflictualité est élevée entre automobilistes et cyclistes", confie Christopher Olssøn, un photographe qui se déplace à vélo. "Mais si on supprime totalement la voiture, encore faut-il améliorer l'offre de transport collectif au niveau du prix et de la qualité", ajoute-t-il. Or c'est là que le bât blesse. À près de six euros le ticket, le transport en commun reste cher et les usagers s'agacent des retards et dysfonctionnements, surtout quand il faut patienter dans un froid glacial...







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