La RAM se dirige-t-elle vers une nouvelle crise avec ses pilotes ?

La RAM se dirige-t-elle vers une nouvelle crise avec ses pilotes ?
Source : LesInfos.ma
25/09/2018 10:40

Après le rejet de l’accord signé en août dernier entre la RAM et son personnel naviguant, tous les voyants semblent indiquer que la compagnie aérienne se dirige vers une nouvelle crise sociale tout aussi dévastatrice que celle de cet été. À moins qu’elle n’opte pour d’autres solutions. Explications.

Le texte, signé le 14 août par la RAM et l’Association Marocaine des Pilotes de Ligne (AMPL) et qui était censé mettre un terme ou du moins amortir le bras de fer entre les pilotes et leur management, a finalement été rejeté après le vote des quelque 500 membres de l’AMPL lors d’une assemblée générale vendredi dernier. À 359 voix contre, 60 pour, 5 bulletins blancs et 2 annulés, la RAM semble faire un bond en arrière et nombre d’observateurs parlent d’ores et déjà du retour d’une crise sociale au sein de la compagnie aussi dévastatrice que celle de cet été.

Les pilotes demandent jusqu’à 30.000 dirhams d’augmentation

L’accord passé en août prévoyait, à compter du 1er novembre, une revalorisation salariale pour les commandants de bord des Boeing 747, 787 et 767 à hauteur de 5.175 dirhams nets. Les salaires des commandants de bord des avions B737 et E190 devaient quant à eux être augmentés de 4.500 dirhams nets, alors que les copilotes et officiers pilotes de ligne opérant avec des B747, B787 et B767 devaient être augmentés de 3.450 dirhams nets. Les copilotes des Boeing 737 et E190 étaient concernés, eux, par une augmentation de 3.000 dirhams nets. Or, l’AMPL réclamait une revalorisation salariale allant jusqu’à 30.000 dirhams par mois. Une aberration quand on sait que les pilotes marocains figurent parmi les plus chers au monde. En effet, au Maroc, la moyenne des salaires mensuels des co-pilotes et commandants de bord se situe entre 65.000 et 180.000 DH alors qu’à titre d’exemple en France, la fourchette est entre 60.000 et 200.000 DH. La direction d’Air France considère d’ailleurs ses pilotes comme étant les plus chers en Europe et précise que leur niveau de salaire est surévalué de 25% par rapport aux autres pays. Un écart dû à la cherté des charges sociales pour plus de 10% par rapport à la concurrence et à une faible productivité évaluée pour 15%. C’est pourquoi Air France négocie depuis une année avec ses pilotes l’augmentation des heures de vol. Il faut rappeler que le salaire maximum chez Air France qui est de 200.000 DH est réservé aux commandants de bord de l’Airbus gros porteur A380, comme l’expliquent nos confrères de « Les Échos ».

Aussi, parmi les revendications de l’AMPL en juillet dernier figurait l’ouverture de l’école nationale des pilotes de ligne et le payement d’un tiers de la formation. Des demandes auxquelles ne pourra pas répondre dans l’immédiat la RAM. Ainsi, une source interne avait expliqué à nos confrères que la compagnie aérienne ne pourrait lancer un tel projet tant que les besoins sont limités : « On n'ouvre pas une école pour une dizaine de ressources par an, la donne pourrait changer avec le développement futur de la compagnie mais pas aujourd'hui ».

La RAM suivra-t-elle l’exemple de l’ONCF ?

Selon les bruits de couloir qui circulent depuis quelques jours, la RAM serait favorable à la reproduction du précédent « ONCF » avec, comme dernier recours, le remplacement de ses pilotes de ligne par du personnel militaire relevant des Forces Armées Royales. En effet, en 2016, en pleine grève générale, la compagnie ferroviaire avait eu recours aux services des membres des FAR pour conduire ses trains. Une solution qui remonte à 1972 quand, à l’issue d’une grève des cheminots de plus de trois semaines, l’État avait ordonné à des militaires de prendre la place des agents grévistes. Cela avait permis d’assurer le transport des passagers et surtout le fret des marchandises, notamment des phosphates. Cette information reste pour le moment au stade suppositions persistantes.
Pour rappel, plus de 130 vols ont été annulés pendant plus de 3 semaines, entre juillet et août de cette année, ce qui s’est soldé par des pertes colossales de plusieurs millions de dirhams pour la RAM, mais aussi par un coup dur pour l’image de marque de la compagnie qui aura beaucoup de mal à regagner la confiance de ses clients.







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