Disparition du saoudien Jamal Khashoggi : La police turque avance la thèse de l’assassinat !

Disparition du saoudien Jamal Khashoggi : La police turque avance la thèse de l’assassinat !
Source : lesinfos.ma
08/10/2018 10:20

Le célèbre journaliste Jamal Khashoggi, connu pour ses positions très critiques envers Riyad, a disparu la semaine dernière à Istanbul. Selon la police turque, il aurait été assassiné au consulat d’Arabie Saoudite. Des accusations que réfutent les autorités saoudiennes.

Le 2 octobre dernier, Jamal Khashoggi s’était rendu au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul pour obtenir un document dont il avait besoin pour se marier. Depuis, ce journaliste saoudien connu pour ses positions très critiques envers Riyad et particulièrement envers le prince Mohamed Ben Salmane, - notamment à travers ses tribunes dans The Washington Post –  est porté disparu.

Le lendemain des faits, face à l’avalanche d’articles le disant détenu au consulat, le gouvernement saoudien avait annoncé que le journaliste avait bien quitté les lieux. Information réfutée par le gouvernement turc, qui a affirmé que le journaliste était toujours à l'intérieur et que sa fiancée et ses amis avaient déclaré qu'il était porté disparu.
Le 6 octobre, la police turque a annoncé qu'il a été brutalement torturé, assassiné et coupé en morceaux par une équipe de 15 personnes envoyée à Istanbul par l'Arabie Saoudite. Ils auraient retiré sa dépouille du consulat après le meurtre présumé. « Jamal Khashoggi a été brutalement torturé, tué et coupé en morceaux. Tout a été enregistré sur une vidéo pour prouver que la mission a été accomplie. Cette cassette a été sortie du pays », a affirmé pour sa part un officier de police turc à la BBC. Le même jour, l'agence de presse turque « Anadolu » a déclaré que le parquet d'Istanbul a ouvert une enquête sur la disparition de Jamal Khashoggi.

Un acte prémédité ?

Depuis le jour de sa disparition, les Turcs et les Saoudiens livrent des versions contradictoires de l’histoire. Les autorités saoudiennes assurent qu’il est bien ressorti du consulat. « D’après ce que j’ai compris, il est entré au consulat puis en est ressorti après quelques minutes ou une heure. Je ne suis pas sûr », a déclaré vendredi le prince Mohamed Ben Salmane dans un entretien avec l’agence Bloomberg, invitant les autorités turques à « fouiller » la représentation consulaire si nécessaire. « Nous n’avons rien à cacher », a-t-il martelé.
« Des rumeurs circulent sur la mort du journaliste Khashoggi et on attend toujours la confirmation, ou pas, de la part du gouvernement turc qui, par ailleurs, a le devoir d’assurer la sécurité de ce citoyen saoudien. Le prince héritier Mohammed Ben Salman a été très clair sur ce sujet. Il s’est exprimé, lors d'une interview accordée à la télévision américaine. Il a affirmé que le consulat de notre pays à Istanbul était disposé à ouvrir ses portes pour vérifier que Khashoggi ne s’y trouve pas. D’ailleurs, un certain nombre de médias, dont Reuters, ont déjà visité les lieux et n’ont rien trouvé. C’est une campagne de dénigrement contre le royaume. Notre pays en a l’habitude, il est solide et il fera face », a déclaré de son côté Mohamed Ben Abdellah Al Zelfa, ancien membre du Majless al-Choura saoudien, lors d'une interview accordée à la radio arabophone de France Médias Monde.

Mais les autorités turques sont catégoriques : Jamal Khashoggi n’est jamais ressorti du bâtiment. Nombreuses sont d’ailleurs les voix anonymes, au sein de la police ou du parti AKP au pouvoir, qui affirment que l’homme a été tué peu de temps après son arrivée au consulat.
D’après le journal Le Monde, une source au sein des services de sécurité turcs (MIT), citée par l’agence Reuters, a confié qu’un groupe de quinze Saoudiens avait fait un rapide aller-retour entre l’Arabie saoudite et la Turquie le jour où le journaliste se trouvait dans les locaux consulaires. Ce groupe était à l’intérieur quand Jamal Khashoggi y est entré. « Nous pensons que le meurtre était prémédité et que le corps a ensuite été sorti du consulat », a confié cette source à Reuters.

Le président turc marche sur les œufs 

Dimanche, Recep Tayyip Erdogan s’est exprimé pour la première fois sur l’affaire et l’heure est manifestement à la prudence. Alors que plusieurs officiels turcs parlent déjà d’un « assassinat politique », le chef de l’État, lui, reste prudent. « Nous attendons avec impatience une déclaration du procureur », a-t-il déclaré, rappelant que le parquet d'Istanbul avait ouvert une enquête sur cette disparition. « Les images de vidéosurveillance, autour du consulat mais aussi à l'aéroport, sont en train d'être examinées et quel que soit le résultat de l'enquête, nous le communiquerons au monde », a-t-il promis.
Il faut dire que la disparition de Jamal Khashoggi est l’affaire de trop pour Ankara qui aimerait éviter d’amplifier des tensions déjà existantes avec Riyad. En effet, en juin 2017, le président Turc avait pris le parti du Qatar dans le conflit survenu entre l’émirat et ses voisins du Golfe, ce qui n’avait définitivement pas plu à Riyad. De plus, la proximité d’Erdogan avec la confrérie des « Frères musulmans » n’est pas du goût du prince héritier Mohammed Ben Salman et cette affaire risquerait de plonger les deux pays dans une crise diplomatique d’une grande ampleur.

Pour rappel, l'agence turque « Anadolu » a fait savoir, en se référant à la fiancée de Jamal Khashoggi, que le journaliste avait été invité au consulat pour des démarches administratives. Après cinq heures d'attente, un employé du consulat a annoncé à la jeune fille que le journaliste était déjà parti et qu'il ne fallait plus l'attendre.
Avant de se rendre à la mission diplomatique, Jamal Khashoggi avait prié sa fiancée d'avertir les autorités turques et l'association turco-arabe des journalistes dans le cas où il serait retenu au consulat.

 




Recherche

En bref Voir plus



Les articles les plus lus

Buzz

Newsletter
Conformément à la loi 09-08, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et d’opposition au traitement de vos données personnelles.
Ce traitement a été autorisé par la CNDP sous le n° D-W-343/2017

*: champ obligatoire

Météo

En poursuivant votre navigation sur notre site internet, vous acceptez que des cookies soient placés sur votre terminal. Ces cookies sont utilisés pour faciliter votre navigation, vous proposer des offres adaptées et permettre l'élaboration de statistiques. Pour obtenir plus d'informations sur les cookies, vous pouvez consulter notre Notice légale