Migrants marocains en Europe : le nouveau défi du Royaume ?

Migrants marocains en Europe : le nouveau défi du Royaume ?
Source : LesInfos.ma
09/10/2018 15:05

En Espagne, en France ou encore en Allemagne, le nombre de migrants marocains continue de croître malgré les dispositifs de « dissuasion » et de contrôles des frontières mis en place. Les pays européens expulsent à tour de bras et en appellent à une collaboration étroite avec le Royaume pour enrayer ce phénomène galopant, signe d'un malaise social palpable.

Après la question des migrants – mineurs - marocains du quartier de la Goutte d'or à Paris, c'est désormais Berlin qui hausse le ton. Selon une vaste étude révélée par le quotidien allemand Bild, le nombre d'expulsions de ressortissants marocains est monté en flèche ces deux dernières années. Si en 2015, ils étaient 61 Marocains a avoir été raccompagnés aux frontières, en 2017 ce ne sont pas moins de 634 migrants qui ont été expulsés vers le Maroc, soit dix fois plus de ressortissants. Pour le ministère de l'Intérieur allemand, ce chiffre sonne comme un indicateur positif. Il témoigne en effet de la nette « amélioration de la coopération avec ces pays », ainsi que des progrès de l’identification biométrique des citoyens, données partagées entre leurs pays d’origine et leurs pays d’accueil, indique le ministère de l'Intérieur allemand, relayé par nos confrères du Desk.

L'engagement de Rabat en question

Cette coopération indispensable est également au cœur des relations maroco-espagnoles. Ce voisin européen est en effet aux premières loges des candidats à l'immigration clandestine issue du Maroc, en raison notamment de son enclave de Melilia. La secrétaire d’État à la Sécurité, Ana Botella a souligné que le Maroc avait fait preuve de sa volonté d'accepter le rapatriement des mineurs étrangers non accompagnés (MENA) marocains, à condition qu’ils puissent être identifiés pour être remis à leurs familles, a indiqué Europa Press. Elle a insisté cependant sur la nécessité de respecter « certaines procédures » pour le renvoi de ces migrants mineurs. Et pour cause, la législation espagnole « est très stricte en matière de protection de l’enfant », aussi une série de garanties devaient être fournies avant de rendre ces enfants à leurs familles, indique Ana Botella.

Selon l'agence de presse espagnole EFE, l'enclave de Melilia abriterait près de 400 mineurs marocains. Le président de cette enclave, Juan José Imbroda, a annoncé qu'il transmettrait cette liste au gouvernement marocain, mais ne cache pas pour autant ses doutes concernant la réactivité de Rabat. Il précise en effet, selon la même source, qu'une « liste de 200 mineurs » avait d'ores et déjà été présentée « il y a plus de six mois, sans faire l’objet d’une réponse des autorités marocaines ». Selon le rapport annuel du Bureau du Procureur, sur les 2 345 mineurs étrangers non accompagnés arrivés en Espagne, plus de la moitié (56,3%) viennent du Maroc. Et la tendance ne décroit pas...

Défis communs...sur un terreau sensible

Face à l'ampleur du phénomène, le sujet des migrants marocains en Europe s'est invité sur la table des défis de la Commission Européenne. L'agence de presse espagnole EFE, citant des sources européennes, annonce en effet que la Commission de l'UE a invité le Royaume à une prochaine réunion afin d'examiner la question migratoire. Cette rencontre, dont la date n'a pas encore été précisée, est symptomatique de l'importance du défi à relever. Les dirigeants des Vingt-sept doivent d'ores et déjà se pencher sur cette question migratoire à l'occasion d'un rendez-vous à Bruxelles, le 18 octobre prochain, annonce Yabiladi. Ils y détailleront les progrès réalisés en la matière, en accord avec les « conclusions du Conseil européen de juin ».

Parallèlement à ce rendez-vous au sommet, des réunions techniques ont été tenues sur le terrain en présence des représentants de l'UE et leurs homologues marocains, afin d'évaluer les besoins du Maroc. L'Union européenne, en étroite collaboration avec les autorités marocaines, s'est alors engagée à appliquer le programme convenu communément. La question migratoire étant un sérieux défi commun, Bruxelles et Rabat maintiennent des contacts permanents, souligne EFE. Le 6 juin, la Commission européenne a annoncé avoir alloué 55 millions d’euros au Maroc et la Tunisie dans le but de « sauver des vies humaines en mer, améliorer la gestion des frontières maritimes et lutter contre les passeurs opérant dans la région », indique la même source. Toutefois, du côté marocain, cette manne a été jugée bien insuffisante par le gouvernement El Othmani, au regard des multiples efforts consentis par le royaume pour lutter contre l'immigration clandestine et le trafic d'êtres humains. Malgré quelques désaccords, la collaboration entre le Royaume et l'UE ne s'effiloche pas. Mustapha El Khalfi, le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, avait a cet effet souligné que « le nombre des tentatives d’immigration avortées a doublé par rapport aux années précédentes ». Si ces chiffres renvoient à l'efficacité des efforts de surveillance des frontières fournis par le Maroc, ces phénomènes traduisent par ailleurs un mal-être social grandissant et de plus en plus palpable... Le contrôle des frontières, la surveillance et la répression ne seront plus des solutions...  




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