Affaire Khadija : La plaignante maintient ses accusations mais le rapport médical sème le doute

Affaire Khadija : La plaignante maintient ses accusations mais le rapport médical sème le doute
Source : LesInfos.ma
11/10/2018 12:00

Khadija, la victime présumée de viols collectifs, a maintenu ses accusations devant le juge de Beni Mellal ce mercredi 10 octobre. Le rapport d’expertise médicale, qui a été versé à son dossier hier, a quant à lui confirmé certaines des allégations formulées par la jeune fille… mais pas toutes.

L’affaire de Khadija, la jeune fille de 17 ans originaire de Oulad Ayad, qui aurait été kidnappée, séquestrée, torturée et violée à plusieurs reprises pendant près de deux mois, a secoué l’opinion publique tant au Maroc qu’à l’étranger. Ce mercredi, la seconde audience de son procès a eu lieu à la chambre criminelle de la Cour d’appel de Beni Mellal, en l’absence des familles des 12 accusés. Celles-ci avaient, lors de la première audition à la mi-septembre, manifesté leur colère à l’encontre de la jeune fille. Malgré cela, Khadija a réitéré ses accusations et maintenu sa version des faits à l’encontre de ses présumés bourreaux. « Devant le juge, Khadija a confirmé toutes les accusations, entièrement et en détail, elle est courageuse malgré sa fragilité psychologique », a déclaré son père à l’AFP, à l’issue de l’audition. « Vivre dans notre maison à Oulad Ayad est devenu difficile et la famille ne sort quasiment plus. Nous recevons des menaces et des insultes par téléphone, mais je ne lui dis rien. Je lui ai retiré son téléphone pour la tenir éloignée de tout ce qui peut lui rappeler ce qu'elle a subi », a-t-il poursuivi. En effet, depuis que le scandale a éclaté, Khadija est au centre d’une vaste polémique. Si beaucoup de personnes lui ont témoigné leur soutien, d’autres l’accusent de mentir et spécifiquement sur ses tatouages. Ainsi, les parents de certains accusés ont donné une toute autre version des faits aux médias. Selon eux, Khadija n’a pas été kidnappée mais aurait fugué du domicile familial pour rejoindre ses présumés agresseurs, qu’elle connaissait et fréquentait depuis longtemps. Selon la mère d’un des accusés, l’adolescente avait coutume de s’auto-mutiler. « Si cette fille était une victime et a véritablement été kidnappée, sur mon honneur, je la défendrais moi-même. J’aurais moi-même livré mon fils aux autorités  », a-t-elle répété. « Nous l’avons chassée à maintes reprises (…). Elle boit, elle fume, elle s’automutile, tout le monde à Oulad Ayad le sait ». Quant aux tatouages sur le corps de Khadija, ils seraient, selon la mère d’un autre accusé, antérieurs aux faits. Elle explique que c’est la jeune fille elle-même qui demandait à ce qu’elle soit tatouée. « Elle connaît très bien la personne qui dispose de la machine à tatouer, qui lui a inscrit son nom [« Azdine » sur la nuque, NDLR], et cela depuis fort longtemps », dénonce un des proches des accusés.

Une expertise médicale qui questionne

Les tatouages et mutilations sur le corps de Khadija constituent le point-clé de cette affaire. En effet, le tribunal a requis une expertise, effectuée par une équipe médicale composée d’un dermatologue, un légiste et un chirurgien plasticien, pour tirer au clair toutes les traces sur le corps de la jeune fille. Dans leur rapport, les médecins ont confirmé certaines des allégations de Khadija concernant les brûlures et les tatouages, qu’elle dit avoir subis pendant près de deux mois, mais en ont infirmé d’autres.
Selon nos confrères du 360, les médecins expliquent que certaines cicatrices sur le membre supérieur droit, les brûlures chimiques et les marques de brûlures de cigarettes au-dessus de tatouages ont été faites par Khadija elle-même, à une date ultérieure à la période de son présumé enlèvement. En revanche, les médecins expliquent aussi que certains tatouages et cicatrices de brûlures de cigarettes pourraient effectivement dater de la période de sa présumée séquestration. Les nouvelles cicatrices pourraient aussi bien, selon eux, être le résultat d’actes de mutilation ou l’œuvre de ses kidnappeurs présumés. Ils n’excluent pas la possibilité que ces tatouages aient été réalisés dans le cadre de rituels ou à sa demande.  
Enfin, l’auscultation gynécologique de Khadija fait ressortir que l’hymen de la jeune fille est intact du fait qu’elle présente une virginité élastique. Ce qui pourrait expliquer l’absence de lésions après la pénétration. Ainsi, les experts ne peuvent affirmer qu’elle a été victime d’agressions sexuelles violentes et forcées.
Néanmoins, il est à rappeler que plusieurs des prévenus ont reconnu les faits dans leurs dépositions, notamment les viols collectifs, les tatouages forcés et les menaces de mort pour la dissuader de fuir. Le juge d’instruction a quant à lui reporté au 24 octobre l’examen de cette affaire.




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