Disparition de Jamal Khashoggi : Les pressions internationales sur l’Arabie Saoudite s’accumulent !

Disparition de Jamal Khashoggi : Les pressions internationales sur l’Arabie Saoudite s’accumulent !
Source : LesInfos.ma
12/10/2018 12:10

Le ministre des Affaires étrangères britannique, Jeremy Hunt, a prévenu les autorités saoudiennes qu'elles s'exposeraient à de « graves répercussions » en cas de leur implication avérée dans la disparition de Jamal Khashoggi. Une pression supplémentaire sur les Saoudiens, qui nient en bloc la thèse de l’assassinat du journaliste.

Dix jours après la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à Istanbul, personne ne peut dire avec certitude ce qu’il lui est réellement arrivé. Entré au consulat saoudien le 2 octobre dernier, l’éditorialiste n’en serait jamais ressorti. Alors que les autorités saoudiennes nient en bloc toute implication dans cette affaire, les autorités turques, elles, accusent les Saoudiens d’avoir assassiné le journaliste en raison de ses positions critiques envers le pouvoir saoudien et plus particulièrement le prince héritier Mohammed Ben Salmane. Depuis, les pressions s’accumulent sur Riyad. Après le président turc qui réclame des comptes à Riyad et les Américains qui haussent le ton, c’est au tour de la Grande-Bretagne de monter au créneau pour menacer l’Arabie Saoudite de « graves répercussions » en cas d’implication avérée.

La Grande-Bretagne menace l’Arabie Saoudite

Après plusieurs jours de silence, Londres a fini par réagir à l’affaire. Ainsi, le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a déclaré avoir transmis sa « vive préoccupation » à l’ambassadeur saoudien à Londres ainsi qu’au ministre des Affaires étrangères saoudien. Il a notamment rappelé que « l’amitié entre les deux pays était fondée sur des valeurs communes » et prévenu que si les accusations d’assassinat du journaliste saoudien à l’intérieur de son consulat à Istanbul étaient prouvées, Londres prendrait « très au sérieux » cette affaire, menaçant Riyad de « graves répercussions ».
Jeremy Hunt demande également à l’Arabie Saoudite de prouver que Jamal Khashoggi est vivant et réclame des « réponses urgentes ». Des réponses que l’Arabie Saoudite ne semble pas disposée à fournir, surtout qu’elle est à court de preuves soutenant sa version. En effet, les autorités saoudiennes prétendent que les caméras de surveillance de leur consulat étaient tout simplement « en panne » ce jour-là, ce qui voudrait dire que les preuves filmées que réclame le président truc, Recep Tayyip Erdogan, montrant le journaliste sortir vivant du bâtiment, sont « inexistantes ». D’ailleurs, la réponse du chef d’État turc ne s’est pas fait attendre. Il ne semble pas croire une seconde à la thèse de la panne : « Mon pays ne restera pas silencieux sur le sort de Jamal Khashoggi car ce n'est pas une affaire banale. Est-il possible qu'il n'y ait pas de caméras au consulat d'Arabie Saoudite ? », a-t-il martelé.

Des images accablantes

La chaîne turque, 24 TV, a diffusé des images de vidéosurveillance d’une caméra à proximité du consulat saoudien, montrant Jamal Khashoggi entrer dans le bâtiment officiel à 13h14. Sur ces images, on peut distinguer la présence d’un van noir garé non loin du consulat.
Quelques minutes plus tard, les images montrent ce même van entrer dans le consulat pour en ressortir près de deux heures plus tard pour se rendre à la résidence du consul saoudien à quelques mètres du consulat. Selon le rédacteur en chef du quotidien « Aksam », Murat Kelkitlioglu, qui s’est exprimé au moment de la présentation des images, il est « certain que Jamal Khashoggi est transporté dans ce van, mort ou vivant », comme le rapporte Le Figaro.
Des sources turques, proches de l’enquête, ont affirmé durant le week-end que les premiers éléments indiquaient que le journaliste avait été assassiné dans l'enceinte du consulat. Mais certains médias turcs ont évoqué mardi la possibilité qu'il ait été enlevé et emmené en Arabie saoudite.
Aussi, la police turque a révélé samedi qu'un groupe de 15 Saoudiens a fait l'aller et retour à Istanbul et au consulat le jour de la disparition du journaliste. 24 TV diffuse aussi des images qu'elle affirme être celles des membres de ce groupe arrivant à l'aéroport d'Istanbul puis à leur hôtel. Selon la chaîne, ils ont quitté l'hôtel dans la matinée pour se rendre au consulat, puis sont repartis dans la soirée.

Donald Trump sous pression

Selon les informations de RFI, une initiative a été lancée par la commission des affaires étrangères du Sénat. Ainsi, et dans un rare élan commun, 22 élus démocrates et républicains demandent à Donald Trump de déterminer si une violation flagrante des droits de l’Homme a été commise à l’encontre de Jamal Khashoggi. Les sénateurs interviennent dans le cadre de la loi « Magnitski », qui autorise l’imposition de sanctions contre des dirigeants étrangers coupables de graves violations des droits de la personne. Dans leur courrier au président américain, ils évoquent clairement la possibilité d’un meurtre. « Nous nous attendons à ce vous preniez en considération toute information pertinente, y compris en ce qui concerne les plus hauts fonctionnaires du gouvernement de l'Arabie Saoudite » ont-ils notamment écrit. Cette demande formelle d’enquête donne 120 jours au président pour déterminer si des sanctions sont justifiées. Plusieurs élus appellent déjà les États-Unis à reconsidérer leurs relations avec l’Arabie Saoudite.
« C’est un précédent terrible. Je suis l’affaire très sérieusement et je dois découvrir ce qu’il s’est passé (…). Nous sommes probablement plus près de le savoir que vous ne l’imaginez », a déclaré Donald Trump dans un entretien télévisé sur la chaîne Fox News.
Le vice-président américain, Mike Pence, a de son côté proposé à la Turquie l'aide des États-Unis, notamment celle du FBI.
Si la responsabilité des autorités saoudiennes est prouvée, il y a fort à parier que Riyad sera au centre de plusieurs froids diplomatiques avec les pays Occidentaux. Ces derniers suivront certainement le mouvement, comme cela avait été le cas pour la Russie, quand l’affaire de l’empoisonnement de l’ex-espion russe avait éclaté.







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