Santé : Le secteur privé appelle à une grève nationale et récurrente !

Santé : Le secteur privé appelle à une grève nationale et récurrente !
Source : LesInfos.ma
15/10/2018 12:45

Les médecins du secteur privé entameront à compter de jeudi 18 octobre une grève nationale, coordonnée par l'ensemble des organisations syndicales représentatives. Pour frapper un grand coup, tous les services seront à l'arrêt, à l'exception des urgences et ce mouvement unanime se reproduira le 22 novembre ainsi que le 20 décembre prochains.  

Le ras-le-bol est palpable et unanime ! Pour faire entendre leur vif mécontentement, les médecins du secteur privé entameront une grève nationale le 18 octobre prochain. Cet appel, lancé conjointement par les six organisations syndicales représentatives du secteur (CSNMSP, ANCP, SNMSL, CSNMGL, CNMGP, SNMG), concerne l'ensemble des services de la médecine privée, à l'exception des urgences. Pour davantage d'impact, cette grève, qui s'accompagnera également de sit-in devant le siège du ministère de la Santé, sera amenée à se reproduire les 22 novembre et 20 décembre prochains.

Si le calendrier a récemment été acté, la colère elle, gronde depuis bien plus longtemps. En manifestant ainsi, les professionnels de la médecine privée exigent une application concrète de leurs droits et une amélioration de leurs conditions de travail.

Un système vétuste et sclérosé

Les revendications exprimées par le corps médical abordent différents points cruciaux de la pratique professionnelle dans ce secteur. Ils condamnent en effet en premier lieu l'absence de révision du tarif référentiel de la visite médicale. En effet, malgré une législation claire disposant que ce dernier se doit d'être réajuster tous les trois ans, le tarif actuellement en vigueur n'a pas été modifié depuis 2006.

« Nous réclamons la refonte de la convention AMO avec révision tarifaire et adoption d’un système de soins optimisé, basé sur les soins primaires et la prévention, organisé autour du médecin généraliste comme coordinateur » insistent les syndicats. Et d'ajouter : « Tout assuré social doit avoir son médecin traitant et respecter des filières de soins établies. Pour rester en phase avec la convention de partenariat public-privé, signée devant le Roi, que Dieu l’assiste, en mai 2008, nous demeurons disposés à soutenir le ministère de la Santé dans ses manques en ressources humaines via un système de volontariat des médecins privés. Par ce même principe, nous réclamons également de recevoir dans nos cabinets et dans les cliniques privées, les patients relevant du Ramed via un protocole concerté ».

Les syndicats dénoncent également les « conditions inacceptables du secteur », au sein duquel ils estiment leur « dignité bafouée » ; ils condamnent l'exercice « illégale de la médecine », alertent sur le phénomènes de « d’automédication et du charlatanisme » et réfutent âprement « la pénalisation des accidents médicaux ».

Acharnement fiscal

Les praticiens du secteur médical privé attendent également « la reconnaissance du travail du médecin libéral dans sa mission d'utilité publique ». Un point fondamental pour ces professionnels qui déplorent l'inexistence d'une assurance maladie et d'une retraite pour les médecins du secteur libéral. Cette lacune s'accompagne par ailleurs d'un « acharnement du fisc » vigoureusement condamné. Les médecins du privé, qui requièrent un « assouplissement des réglementations fiscales en vigueur » et insistent sur l'application d'une réelle « justice fiscale », rappellent qu'ils sont la cible d'un traitement inique. « Nous sommes des contribuables comme tous les citoyens marocains, mais nous assurons une mission de service publique sans contrepartie en l'absence, jusqu'à ce jour, de couverture sociale, assurance et retraite », martèlent les organisations syndicales.

Si les médecins du secteur privé insistent par ailleurs sur la nécessité et l'importance de « travailler ensemble » pour « le bien de la santé et des citoyens », ils ne peuvent que constater l'incurie des engagements et décisions politiques régissant leur secteur. Battre le pavé constitue dès lors un recours d'urgence pour ces professionnels au bord de l'implosion, un soin palliatif pour cette médecine agonisante...







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