Harold López-Nussa : une journée formidable

Harold López-Nussa : une journée formidable
Source : lemonde.fr
31/10/2018 09:00

Le pianiste cubain Harold López-Nussa publie « Un Día Cualquiera », une journée ordinaire.

Quand vous discutez avec Harold López-Nussa, vous êtes frappé par sa gentillesse infinie. Il est pourtant l’un des plus doués de sa génération. Qui a dit que ça devait être incompatible ? Le pianiste cubain nous a aidés à décrypter son dernier album.

Succédant à Havana Paris Dakar, 2015, et El Viaje, 2016, Un Día Cualquiera semble faire suite à New Day, paru en 2013. Un retour aux sources pour López-Nussa. De New Day, Un Día Cualquiera reprend Cimarrón, le positionnant en introduction comme pour souligner la filiation. Le pianiste imprime au titre une tension dramatique inédite et lui attribue une nouvelle fonction : présenter le trio.

Un nouveau trio pour Harold López-Nussa ? Pas vraiment. Au côté du tonitruant batteur Ruy López-Nussa, le frère d’Harold, le contrebassiste Gastón Joya a succèdé à Alune Wade et à Felipe Cabrera. Gastón était le condisciple de Ruy pendant ses études. Ils jouent ensemble depuis cette époque. « Ses plus proches amis », confie le pianiste.

Une famille de musiciens

Harold López-Nussa appartient à la tradition des pianistes cubains formés dans les prestigieux conservatoires de La Havane. Un parcours classique pour une formation classique : École élémentaire Manuel Saumell, Conservatoire Amadeo Roldán, Instituto Superior de Artes (ISA).

Harold est tombé dans la musique quand il était petit. Son oncle Ernán est un pianiste de renommée mondiale, son père Ruy, un batteur réputé, et sa maman disparue était professeur de piano émérite. Une des jolies mélodie de Un Día Cualquiera s’intitule Ma Petite dans la Boulangerie. Harold l’a écrite pour sa fille. Les López-Nussa ont une longue histoire avec la France. La grand-mère, Française, de Harold s’est mariée avec son grand-père, Cubain, à la fin des années 50. Quand arrive la révolution, ils décident de rester. Ça arrive.

Dans Un Día Cualquiera, Harold rend par deux fois hommage au compositeur Ernesto Lecuona. Comme une évidence. Il explore soigneusement le motif de Danza de los Ñañigos, soutenu par la basse de Gastón et la batterie de Ruy. Y La Negra Bailana, tube s’il en est, bénéficie d’un traitement plus jazz. Après l’exposition du thème, il l’emmène ailleurs pour l’air de rien mieux y revenir. La belle ouvrage. Quand l’art de López-Nussa se mêle avec habilité et bonheur à celui de Lecuona.

Se réapproprier les classiques comme la musique populaire. Le boléro En La Distancia de César Portillo De La Luz est magnifié par le trio. Dans l’enfiévré Conga Total, Harold glisse le thème de Rafael Hernández El Cumbanchero. Avec Une Tarde Cualquiera En Paris, le pianiste rend un hommage au regretté Bebo Valdés. Se glisser dans les habits du Maestro, une posture, un exercice de style...







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