Merkel, les risques d’un vrai-faux départ

Merkel, les risques d’un vrai-faux départ
Source : lemonde.fr
08/11/2018 10:00

Editorial. En abandonnant la tête de la CDU, la chancelière allemande prend acte que le moment est venu de passer la main, au risque d’être paralysée par les guerres intestines au sein de son parti.

Editorial du « Monde ». Il y a de la sagesse dans la décision annoncée par Angela Merkel, lundi 29 octobre, au lendemain du revers subi par son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), dans le Land de Hesse. En renonçant à se représenter à la présidence de la CDU lors du congrès des 7 et 8 décembre et en assurant qu’elle quitterait la chancellerie après les législatives de 2021, elle a fait ce dont peu de dirigeants politiques savent se montrer capables : prendre acte que le moment est venu de passer la main.

Cette retraite en deux temps n’en est pas moins risquée. Jusque-là, Mme Merkel avait toujours jugé indissociables les fonctions de chancelier et de chef de parti. En choisissant finalement de conserver la première tout en renonçant à la seconde, un danger la guette : celui de laisser les clés du parti à un adversaire. Deux des trois candidats à sa succession sont dans ce cas : l’ancien député Friedrich Merz ne lui a pas pardonné de l’avoir détrôné de la présidence du groupe CDU-CSU du Bundestag, en 2002, et Jens Spahn, actuel ministre de la santé, fut le premier membre de la direction de la CDU à s’opposer frontalement, en 2015, à la politique d’accueil des réfugiés décidée par Mme Merkel.

Marges de manœuvre réduites

Quant à la troisième candidate, Annegret Kramp-Karrenbauer, élue en février secrétaire générale de la CDU, elle passe pour être une fidèle de Mme Merkel, même si elle incarne une ligne plus conservatrice. Toutefois, si elle l’emporte, rien ne garantit que sa cohabitation avec la chancelière sera plus apaisée : « AKK » pourrait juger de son intérêt de se démarquer de Mme Merkel pour briguer la chancellerie le jour venu – à l’instar de Mme Merkel en 1999, lorsqu’elle rompit avec son ancien mentor, Helmut Kohl, pour préparer sa propre conquête du pouvoir…

Depuis septembre, Mme Merkel n’a plus la main sur le groupe CDU-CSU du Bundestag, dont les membres ont refusé de réélire à leur tête le candidat qu’elle soutenait. En décembre, elle pourrait voir le parti échapper à son contrôle. Dans ces conditions, ses marges de manœuvre à la tête du gouvernement risquent de se réduire considérablement. Sa « grande coalition » était déjà guettée par l’immobilisme. La voici désormais menacée de paralysie par les guerres intestines de la CDU...




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