En Belgique, Médecins du monde dénonce la violence policière envers les migrants

En Belgique, Médecins du monde dénonce la violence policière envers les migrants
Source : lemonde.fr
08/11/2018 10:00

Une enquête menée par l’organisation humanitaire auprès de migrants révèle qu’un quart d’entre eux ont été violentés, parfois très gravement par la police. Le parquet de Bruxelles a ouvert des informations judiciaires.

Morsures de chiens, doigts retournés, fouilles à nu devant du personnel féminin hilare, simulations de scènes de prostitution, menaces d’exécution assorties de commentaires du genre « finalement, tu ne vaux même pas une balle », vols de médicaments et de dossiers médicaux… Ce catalogue de brutalités est issu de cinquante et un récits glaçants recueillis par Médecins du monde Belgique. Une enquête menée auprès de migrants ou « transmigrants » – en transit dans l’espoir de se rendre en Grande-Bretagne – qui témoigne de la violence dont certains policiers usent à l’égard de jeunes hommes, parfois très jeunes, puisque près de 30 % d’entre eux sont mineurs. Elle a été conduite, entre mai et juillet, auprès de 440 témoins, sur la base des directives de l’Organisation mondiale de la santé, du protocole d’Istanbul – un manuel permettant d’enquêter sur la torture – et de la législation belge. Un quart des personnes interrogées affirment avoir été violentées, parfois très gravement. Sans susciter beaucoup de réactions dans le royaume.

« On n’exclut rien, mais il est quand même difficile pour des gens qui sont pourchassés d’aller déposer plainte auprès de ceux qui les pourchassent. », Pierre Verbeeren, directeur général de Médecins du monde

« Allégations gratuites », a tranché le syndicat policier SLFP. « Si on est un minimum sain d’esprit, on sait que ce n’est pas possible », réagissait, le 24 octobre, son vice-président, Vincent Houssin. Le parquet de Bruxelles a, toutefois, ouvert sept informations judiciaires et entend faciliter l’éventuel dépôt de plaintes. Une dizaine seulement ont été recensées l’an dernier et le ministre de l’intérieur, le nationaliste flamand Jan Jambon, affirme que le Comité P, qui surveille le fonctionnement des services policiers, pourra en recueillir d’autres, « en toute indépendance ». « On n’exclut rien, mais il est quand même difficile pour des gens qui sont pourchassés d’aller déposer plainte auprès de ceux qui les pourchassent », répond Pierre Verbeeren, directeur général de Médecins du monde...







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