Sécurité : Les zones urbaines, centres névralgiques de la criminalité au Maroc

Sécurité : Les zones urbaines, centres névralgiques de la criminalité au Maroc
Source : LesInfos.ma
12/11/2018 15:15

Le ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, a présenté les chiffres de la criminalité, enregistrés durant les huit premiers mois de l'année en cours. Selon les statistiques, les zones urbaines concentrent plus de 75% des crimes enregistrés, mais elles révèlent par ailleurs une amélioration notable du taux de résolution des délits. 

« Jungles urbaines », jamais les milieux citadins n'ont aussi bien porté ce nom. Et pour cause ! Un bilan effectué par le ministre de l'Intérieur à l'occasion de la Commission de l'Intérieur au Parlement dans le cadre du PLF 2019, relayée par nos confrères de TelQuel, révèle les édifiants chiffres de la criminalité au Maroc durant l'année 2018.

Le constat est alors sans appel : la criminalité gangrène essentiellement les zones urbaines. 531.169 affaires de crimes ou délits ont été traitées au cours des huit derniers mois, aboutissant à l'arrestation et traduction en justice de 434.505 individus dont 18.207 mineurs. Chiffres à l'appui, le département d'Abdelouafi Laftit est ainsi en mesure d'avancer que près de 75% des crimes et délits recensés ont été commis en milieu urbain. 

Cette présentation se penche par ailleurs sur le taux de résolution des enquêtes menées, qui se situe, selon la même source, autour de 89%. Si les services de sécurité disposent encore d'une marge de progression en la matière, ces premiers chiffres incitent néanmoins le ministre de l'Intérieur à qualifier le Maroc de pays « sûr », au regard des standards internationaux.

Mesures répressives et préventives à Salé

La présentation du ministre de l'Intérieur évoque la criminalité des zones urbaines au sens large. Certaines communes sortent néanmoins du lot. La DGSN s'est notamment penchée sur le cas de la ville de Salé, précédée par une réputation (non volée) de zones sensibles et de terreau de criminalité. En effet, entre février et juillet 2018, les actions des services de la sûreté à Salé, en collaboration avec les éléments de la Brigade nationale de la police judiciaire, ont ainsi permis l'arrestation de 4.640 personnes pour leur implication présumée dans des actes criminels. La DGSN précise, par voie de communiqué, qu'un « total de 231 individus ont été arrêtés pour des crimes contre les personnes, 842 contre les biens et propriétés, 432 pour des infractions financières et économiques et 2.248 dans des affaires de drogues, de possession illicite d’arme blanche et de trafic de contrebande et de marchandises illégales », sur cette même période.

Ces résultats sont le fruit de mesures répressives en matière de lutte contre la criminalité, accompagnées par l’adoption d’autres mécanismes de prévention portant principalement sur l’intensification du travail des unités mobiles de police de secours et le renforcement des interventions préventives des différentes unités de sécurité. Des dispositifs efficaces qui ont par ailleurs montré leur utilité en matière de lutte contre la criminalité dans les périmètres des établissements scolaires.

Le coût de la sécurité

Sujet particulièrement sensible depuis la vive polémique sur le maintien de l'horaire GMT+1 et les risques encourus par les plus jeunes, la question sécuritaire aux abords des écoles sera sans doutes au cœur des préoccupations des autorités, au cours de cette nouvelle année scolaire. La DGSN souligne en effet, à titre d'exemple qu'entre le 15 septembre 2017 au 20 juillet 2018, un total de 3.273 personnes, dont 652 mineurs, ont été arrêtées pour leur implication présumée dans différents actes criminels, et ce dans le cadre des opérations de sécurité menées par les éléments des brigades mixtes chargées du ratissage du périmètre des établissements scolaires. La DGSN a également relevé que les affaires criminelles traitées ont augmenté de 27%, soit 659 affaires de plus qu'au cours de l’année scolaire 2016-2017.

Une hausse significative liée à l’intensification de la présence sécuritaire dans le périmètre des établissements scolaires, ajoute la même source.

Le département d'Abdelouafi Laftit entend indiscutablement poursuivre ces efforts de lutte contre la criminalité en amont. A cet effet, le ministre ajoute que la DGSN mènera une politique de proximité plus accrue, concrétisée par la construction de nouveaux sièges pour commissariats et arrondissements, s'ajoutant aux 23 districts et 16 arrondissements ouverts en 2018, pour un budget global de 255 millions de dirhams. Deux enveloppes tout aussi rondelettes de 248 millions de dirhams et 118 millions de dirhams ont respectivement été consacrées à l'équipement de la DGSN et au parc automobile, afin d'accorder la priorité aux véhicules d'intervention, avance la même source. Enjeu politique et sociétal fondamental, la question sécuritaire - mobilisant d'importants budgets - sera indiscutablement attendue au tournant...







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