Attaque Strasbourg : 3 morts, une France en «urgence attentat» et des théories du complot galopantes

Attaque Strasbourg : 3 morts, une France en «urgence attentat» et des théories du complot galopantes
Source : LesInfos.ma
12/12/2018 14:20

La ville de Strasbourg est quadrillée par plusieurs centaines de membres des forces de l'ordre, mobilisés dans la nuit de mardi à mercredi, pour tenter de retrouver l'auteur en fuite de la fusillade. L'assaillant, fiché « S » a causé la mort d'au moins trois individus sur le Marché de Noël, mardi soir, plongeant par la même occasion la France en état « d'urgence attentat ». Cette décision gouvernementale a rapidement suscité l'ire des internautes et notamment des partisans du mouvement des Gilets Jaunes qui ont immédiatement crié au complot.

Atmosphère de tension au lendemain de la fusillade qui a coûté la vie à trois personnes dans la ville de Strasbourg. Quelque 350 personnes, dont 100 membres de la police judiciaire, des militaires et deux hélicoptères, sont aux trousses de l'assaillant, a indiqué le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner lors d'une déclaration depuis la préfecture du Bas-Rhin. Sans dévoiler l'identité du suspect, Christophe Castaner a rappelé les terribles qui ont secoué le Marché de Noël, soulignant qu'à « partir du 19h50 », le tireur a ouvert le feu et « semé la terreur » en « trois points » de Strasbourg.

Très prudent sur la qualification terroriste de l'attaque

L'assaillant armé a tué trois personnes et en a blessé 12, dont six sont en urgence absolue, selon le ministre. Un bilan revu à la hausse par le maire de Strasbourg, Roland Ries, qui évoque pour sa part à l'AFP, « quatre morts et une dizaine de blessés dont trois ou quatre dont le pronostic vital peut être engagé ». L'AFP, qui cite Christophe Castaner et des sources policières, indique par ailleurs qu'entre « 20h20 et 21h, l'assaillant a par deux fois échangé des coups de feu avec les forces de sécurité avant de s'enfuir. Lors de ces échanges de tirs, l'assaillant a été blessé par une patrouille de soldats de l'opération Sentinelle qui sécurisent le Marché de Noël de Strasbourg »

Selon une source proche du dossier, le suspect est un homme de 29 ans fiché « S ». Il devait être interpellé mardi matin par les gendarmes dans une enquête de droit commun. L'individu était « très défavorablement connu pour des faits de droit commun, pour lesquels il a déjà fait l'objet de condamnations en France et en Allemagne et pour lesquels il a purgé ses peines », précise par ailleurs Christophe Castaner.

Le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, précise par ailleurs au micro de France Inter, ce mercredi 12 décembre que le suspect « a fait plusieurs séjours en prison et c’est à l’occasion de ces séjours en prison qu'a été détectée chez lui une radicalisation, dans la pratique religieuse ». « C’est un individu connu en droit commun, c’est-à-dire qu’il était connu pour beaucoup de délits autres que liés au terrorisme », a-t-il poursuivi, ajoutant que si l'homme a un casier judiciaire « assez important », il n'a cependant « jamais été connu pour des délits liés au terrorisme ». « La motivation terroriste de l'acte n'est pas encore établie », a-t-il rappelé, avant d'inviter « à la plus grande prudence » sur cette qualification terroriste : « Vraiment, il faut être très très très prudent, beaucoup sont surpris par ce mode opératoire », a-t-il insisté.

Alors que le parquet de Paris ouvre une enquête pour « assassinats, tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle », le gouvernement opte pour sa part pour une réévaluation du plan Vigipirate. Suite à cette attaque, la France est alors passée en état d'urgence attentat, déclare le ministre de l'Intérieur, une mesure qui comprend « la mise en place de contrôles renforcés aux frontières, et des contrôles renforcés sur l'ensemble des marchés de Noël en France pour éviter le risque de mimétisme » ainsi qu'une  « mobilisation plus forte encore du dispositif sentinelle sur l'ensemble du territoire ».

Quand les thèses complotistes s'en mêlent

Selon l'AFP, cette fusillade intervient alors que la France vit sous une menace terroriste élevée depuis la vague d'attentats jihadistes sans précédent qui a fait 246 tués depuis 2015. Une nouvelle attaque en période de festivités, sur un Marché de Noël faisant l'objet d'une surveillance accrue depuis le projet d'attentat en décembre 2000, mais plus que tout, dans un climat social extrêmement tendu, marqué par le tentaculaire mouvement des « Gilets jaunes »...

Rapidement après cette attaque de Strasbourg, la toile s'est enflammée. Dès mardi soir, sur une page Facebook annonçant un « Acte V » des manifestations samedi, certains évoquaient une « manipulation » de l’État ou « un soi-disant attentat ». Les accusations de complots fomentés par le gouvernement se sont multipliées par centaines. Ce dernier est ouvertement accusé d'avoir commandité l'attentat pour « verrouiller » la France et « empêcher la prochaine mobilisation du mouvement de revendications. « Je m'en doutais ils devaient trouver quelque chose pour refuser samedi Acte V », peut-on voir écrit sur la page dédiée à la cinquième mobilisation nationale des Gilets jaunes.

Un journaliste de l'AFP a également identifié plusieurs publications Facebook, du même ordre, évoquant ces théories complotistes. « Coïncidence, hasard ? Ou alors une nouvelle manipulation! (...) On essaye de nous la mettre à l'envers encore et encore et comme chaque année », écrit un autre internaute, relayé par nos confrères de l'Express. Si « théories » et ces groupes sur le réseau social le plus suivi de France tendent à « intéresser » des milliers d'internautes, ils n'en suscitent pas moins une très vive indignation du côté du gouvernement. Laurent Nunez a réagi à ces « théories fumeuses », s'insurgeant : « Je suis indigné par ça. Comment peut on dire des choses pareil. Il y a un assaillant qui a tué trois [deux corrigera plus tard la préfecture] personnes. Il y a des blessés graves »... Au sein des groupes Facebook de la mouvance Gilets jaunes, de nombreux détracteurs dénoncent pour leur part la prolifération des thèses complotistes. Certains modérateurs et administrateurs suppriment les publications douteuses au fur et à mesure, refusant de nourrir ces théories et attiser cette colère palpable. Parmi le mouvement, de nombreux Gilets jaunes ont appelé à poursuivre la manifestation en arborant un brassard noir en signe de solidarité avec les victimes de l'attaque de Strasbourg.




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