"Sous hypnose, le patient peut utiliser son imaginaire pour maîtriser sa douleur"

Source : Sciencesetavenir.fr
28/12/2018 10:04

Entretien avec Marie-Elisabeth Faymonville, anesthésiste, chef de service en algologie et soins palliatifs au CHU de Liège, chercheuse au Centre d'études de l'hypnose et de la douleur.

Que se passe-t-il quand notre cerveau expérimente spontanément des états modifiés de conscience ?

Une femme est arrivée aux urgences du CHU de Liège car elle avait été attaquée par un lion dans un parc animalier. Grièvement blessée, elle m’a pourtant raconté qu’elle n’avait rien senti. Le choc émotionnel a été si violent qu’elle a glissé dans un état modifié de conscience, hors de son corps, ayant perdu toute sensibilité, observatrice de ce qu’il se passait ! C’est également ce que peuvent expérimenter les victimes d’enlèvement ou de viol. Ils demeurent figés, immobiles, spectateurs de ce qui leur arrive. Une autre femme m’a raconté avoir réussi à soulever la voiture qui écrasait son fils, trouvant une force extraordinaire. Un père qui avait heurté son fils avec une tondeuse à gazon l’a amené aux urgences, dans un état second, sans se rendre compte qu’il avait lui-même des orteils sectionnés. Tous ces exemples montrent que l’on a la capacité de se protéger lors de cas extrêmes. Une fonction cérébrale sélectionnée par l’évolution pour protéger l’être humain dès que son intégrité physique est menacée.

L’esprit et le corps sont donc bel et bien liés…

Depuis Descartes, on a voulu séparer l’esprit et le corps. Avec cette idée, notamment, que la douleur était purement physique. C’est une ineptie ! L’observation du cerveau par imagerie cérébrale révèle que lorsqu’on cause une douleur (légère !) à un volontaire, les régions des sensations, de l’émotion, du comportement et de la cognition (les pensées) s’activent de concert. Soit les quatre composantes de la douleur. Pour obtenir une modulation des sensations douloureuses, il faut donc travailler sur l’ensemble de ces composantes. La douleur aiguë est un signal d’alarme, que l’on soigne avec des analgésiques. Si elle perdure et devient chronique, des infiltrations, des médicaments voire une opération chirurgicale peuvent soulager, mais il est également indispensable de proposer une approche psychologique et sociale. L’imagerie cérébrale nous a montré que sous hypnose, la connectivité entre les régions de ces quatre composantes était modifiée. Plus précisément, est modulée l’activation d’une zone du cerveau appelée cortex cingulaire antérieur, dont on sait qu’elle est connectée avec la région de l’émotion, du comportement et des pensées...




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