Ce que le corps subit quand on plonge dans l’eau glacée

Ce que le corps subit quand on plonge dans l’eau glacée
Source : Vice.com
10/01/2019 09:00

Les personnes qui le font disent souvent se sentir vivifiées, comme si elles avaient avalé un verre d’énergie pure.

Ils forment une ligne, les pieds dans le sable à la plage de Coney Island, dans l’État de New York. L’air expulsé de leurs poumons se condense alors qu’ils ajustent leur maillot et se préparent mentalement. La température se rapproche du point de congélation, et l’eau encore davantage. Avec des cris et des frissons, ils se glissent dans l’océan Atlantique. Ce sont des membres du plus vieux Polar Bear Club des États-Unis, et c’est ce qu’ils font, volontairement, chaque dimanche.

« Disons d’abord que c’est très froid », dit Dennis Thomas, président du club de Coney Island, fondé en 1903. « C’est indiscutable. » Il plonge dans l’eau glacée depuis plus de 30 ans et assure que l’on ne s’y habitue jamais. La température de l’eau en hiver oscille entre 5 °C dans les océans, où se baignent les membres des clubs de New York ou de Seattle, et près de 0 °C au lac Michigan, dans lequel plongent des membres des clubs de Chicago et de Milwaukee.

Tous s’ébattent dans l’eau quelques instants puis reviennent en chancelant sur la plage, vers les serviettes et le chocolat chaud. Si vous en avez vu des photos, vous savez qu’ils n’ont pas l’air mal en point, mais, étonnamment, joyeux. « Il y a quelques données qui indiquent qu’on produit de la dopamine [quand on s’immerge dans l’eau froide] », dit Jon Rittenberger, professeur agrégé de médecine d’urgence à l’Université de Pittsburgh.

La dopamine, comme la sérotonine, est l’un des neurotransmetteurs produits par le cerveau qui induisent des sensations de bien-être et de bonheur. Pendant les deux ou trois jours suivant la baignade, dit Dennis Thomas, les personnes qui le font disent souvent se sentir vivifiées, comme si elles avaient calé un verre d’énergie pure, en plus de se sentir détendues. « J’ai rencontré beaucoup de gens [qui prennent des bains d’eau glacée] qui détestent l’hiver, me dit-il. Ils ont besoin de trouver une façon de l’aimer et d’en profiter. » Des 120 membres du club, de 80 à 90 se présentent aux baignades chaque semaine. Ils ne peuvent s’en passer.

La production de dopamine et de sérotonine en réaction à l’exercice est bien documentée, et c’est aussi le cas si une personne fait des exercices dans de l’eau glacée, dit Jon Rittenberger. Mais on ne sait pas quelle proportion de la dopamine et de la sérotonine produites est exclusivement attribuable à l’immersion en eau glacée, et non pas au simple fait de faire de l’exercice.

En général, les médecins affirment qu’il n’y a pas de preuve que la baignade en eau glacée a d’autres bienfaits pour le corps que ces sensations, et ils préviennent que ce peut être dangereux. Une immersion soudaine en eau glacée peut déclencher un infarctus, un accident cardio-vasculaire ou l’hyperventilation. Même de bons nageurs pourraient se noyer, car l’eau glacée pourrait paralyser les muscles.

Même plus au sud, par exemple à San Francisco ou en Caroline du Nord ou du Sud, où la température de l’eau en hiver descend jusqu’à près de 10 °C, l’eau est assez froide pour provoquer l’hypothermie. La capacité thermique de l’eau est beaucoup plus grande que celle de l’air, ce qui signifie qu’elle peut refroidir beaucoup plus que l’air, soit environ 25 fois plus. Après l’électrocution par la foudre, l’hydrocution (ou choc thermique) est parmi les chocs les plus forts que l’on peut faire subir à son corps, selon le National Center for Cold Water Safety.

C’est la raison pour laquelle les baigneurs ont tendance à entrer doucement dans l’eau, plutôt que de plonger d’un coup en eau profonde. Après le choc initial, Dennis Thomas dit que si l’on peut rester trois minutes dans une eau si froide, on peut sans doute y rester 10 minutes, mais ce serait à peu près la limite.

Pendant ces 10 minutes, le corps réagit au froid en contractant les vaisseaux sanguins de la peau et des membres se contractent, de sorte que le sang reflue vers l’intérieur, en particulier vers le cœur, explique Jon Rittenberger. Mais, après de 10 à 15 minutes, le système nerveux commence à défaillir. Les impulsions électriques permettant au cerveau d’activer les muscles voyagent moins bien, ce qui peut rendre la nage difficile au point d’avoir du mal à sortir de l’eau. Après de 15 à 30 minutes, le corps cesse soudainement de pouvoir maintenir sa température centrale. L’hypothermie commence, et les problèmes graves s’enchaînent. « Des gens meurent, conclut-il, parce que le cœur cesse de battre. »...




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