A jouer avec le feu,...

A jouer avec le feu,...
Source : LesInfos.ma
18/01/2019 12:30

Chers lecteurs... J’espère que tout va pour le mieux et que le temps n’a pas jeté un froid sur votre bonne humeur.

De mon côté je grelotte, j’aurais tant aimé me réincarner en ours et hiberner jusqu’à ce que la chaleur et le soleil reviennent, mais que voulez-vous ! Je ne suis qu’un humain et j’accepte ce doux châtiment avec beaucoup de philosophie, tout en lisant les médias de ce monde avec mon habituel sourire en coin.

                Lundi, pendant que le Qatar rejetait toute normalisation de ses relations avec le « criminel de guerre » Bachar Al-Assad, qui prépare d’ailleurs son come-back doucement mais sûrement sur la scène diplomatique régionale et peut-être même dans la Ligue arabe, de laquelle son pays est exclu depuis huit ans, du côté du plus beau pays du monde, un scandale secouait les rangs de notre ministère des Affaires étrangères. En effet, l’ambassadeur du Maroc au Ghana, Mohammed Farhat, est sous le coup d’une plainte pour harcèlement sexuel. La victime présumée, qui était une employée de notre ambassade à Accra (elle a démissionné entre temps), affirme avoir fait l’objet d’attouchements sexuels – à deux reprises - de la part de notre « digne » représentant diplomatique. La première fois, le malotrus l’aurait palpée pendant qu’elle lui servait le café et la seconde, il serait allé jusqu’à lui toucher ses parties intimes. Ewa que vous dire ? Pendant que les pays évolués exportent leur savoir, nous, visiblement toujours en cours d’évolution, exportons des excités de la braguette wa l’hamdoulillah ! Que le tout puissant nous remette dans le droit chemin ! Amen.


                Mardi, alors que Donald Trump couvrait d’éloges son « jumeau brésilien » Jair Bolsorano, un extrémiste de la droite raciste, homophobe, misogyne, climato-sceptique et pro-armes à feu (c’est vrai qu’il n’y en a pas assez au Brésil) qui idolâtre justement le locataire de la Maison blanche (c’est beau l’amour), dans la plus belle métropole du monde (Casablanca, au cas où vous ne comprendriez pas mes fabulations) un bus prenait feu au beau milieu du boulevard d’Anfa. L’engin, une sorte de poubelle ambulante mise en circulation par M’dina Bus, s’est soudainement transformé en barbecue géant devant les regards médusés des passants. Bien entendu, l’incendie a fait le choux gras de nos médias, qui se sont montrés particulièrement choqués par l’événement. Mais choqués de quoi ? Qu’on m’explique ! L’écrasante majorité des bus de cette société sont dangereux et c’est de notoriété publique : vitres cassées, pare-brises aux abonnés absents, portes défoncées, moteurs puant la mort et passagers les uns sur les autres quand ils ne sont pas carrément accrochés à un essuie-glace et on trouve encore le moyen de s’étonner qu’une de ces poubelles prenne feu ? Sérieux ? Quelques questions me taraudent : que fait donc le Conseil de la ville ? Jusqu’à quand ces gens laisseront-ils ces engins de la mort circuler en toute impunité sur nos voies ? Jusqu’à quand vont-ils se taire et pourquoi le font-ils en premier lieu ? Je me le demande. Si vous avez des réponses à mes interrogations, je vous invite vivement à m’écrire. Merci.


                Mercredi, pendant qu’un incendie ravageait l’un des plus grands marchés de gros de fruits et légumes du pays, et qu’une femme tentait d’immoler un caïd qui avait ordonné la démolition de sa maison jugée « non réglementaire », une Marocaine se faisait condamner en appel à quatre mois de prison ferme pour avoir embrassé un autre homme que son mari. Bon, personnellement, j’ai une sainte horreur de l’adultère et je n’éprouve que du mépris pour les conjoints frivoles, mais je ne vois pas ce que vient faire la loi dans des affaires de couple. Essayez, à titre d’exemple, d’appeler la police pour l’informer que votre voisine se fait littéralement défoncer le crâne par son mari. La réponse de nos fins limiers sera sans appel : « C’est entre le mari et sa femme, nous n’avons rien à faire dans des histoires de couple et vous non plus » (véridique). Et maintenant qu’il s’agit de batifolage, la justice s’en mêle ? Ceci s’appelle de la violation de la vie privée et non seulement cette condamnation est clownesque mais elle prouve, encore une fois, que ce pays ne fait qu’infantiliser son peuple jugé comme inapte à gérer ses propres problèmes personnels.


                Jeudi, nous apprenions qu’un imam connu de la capitale a été suspendu par le ministère des Habous et des affaires islamiques. La raison d’une telle décision ? Un prêche du concerné datant du 28 décembre considérant comme pêché la célébration du nouvel an. Selon lui, « un vrai musulman ne célèbre pas les fêtes chrétiennes » (Soupir). Si l’Islam ne tenait qu’à cela, nous serions sortis de l’auberge depuis belle lurette ! Enfin bref ! Je salue le geste de notre ministère et espère que les imams cesseront de « halaliser » et « haramiser » à tour de bras. Manger une bûche à Noël et une dinde le 31 décembre est juste la preuve que notre gourmandise n’a pas de frontières. Exactement comme celle des touristes qui viennent manger notre « boubbouch » et nos « tajines aux pruneaux » en se léchant les babines. Fin.


                Enfin, ce vendredi, nous apprenons que le défunt prince saoudien Saoud Al-Fayçal serait mort en cédant des dettes pour le moins « insolites » que ses héritières refusent de payer (et comme je les comprends !). En effet, le prince et accessoirement ancien ministre des Affaires étrangères saoudien aurait laissé une dette de 90.000 euros relative à des films pornographiques « sur mesure » commandés à une société française qui réclame aujourd’hui son dû. Évidemment, ses filles crient au scandale et au mensonge et refusent de payer, « c’est une question d’honneur », disent-elles. Tu m’étonnes. Ewa que vous dire ? Cette famille et son éternelle hypocrisie ne cessera de m’étonner. Sacrés Al Saoud !


Allez, Joumou3a moubaraka (c’est de circonstance, n’est-ce pas ?) et à la semaine prochaine !

Recherche
Newsletter
Conformément à la loi 09-08, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et d’opposition au traitement de vos données personnelles.
Ce traitement a été autorisé par la CNDP sous le n° D-W-343/2017

*: champ obligatoire

Météo Plus

En bref Voir plus



Les articles les plus lus

Buzz

En poursuivant votre navigation sur notre site internet, vous acceptez que des cookies soient placés sur votre terminal. Ces cookies sont utilisés pour faciliter votre navigation, vous proposer des offres adaptées et permettre l'élaboration de statistiques. Pour obtenir plus d'informations sur les cookies, vous pouvez consulter notre Notice légale