CARNET. Les premières expériences de l'Expédition 5300

CARNET. Les premières expériences de l'Expédition 5300
Source : Sciencesetavenir.fr
06/02/2019 08:06

L'Expédition 5300 part de Lima après avoir réalisé sa première série d'expériences sur l'humain. Prochaine étape : Puno, à 3.800 mètres d'altitude, pour renouveler ces expérimentations.

Voilà désormais une semaine que nous sommes installés à Lima. Cette ville est oppressante sous le poids de ses 12 millions d'habitants. Le bruit et la densité urbaine sont difficiles à gérer. Encore plus sous un mercure estival qui ne faiblit pas et affecte nos organismes tant physiquement que psychologiquement. Pourtant, c'est bien là que débute notre "Expédition 5300". Loin des montagnes, même si notre destination finale n'a pas changé : La Rinconada, ville la plus haute du monde, située à 5300m d'altitude. Là où la vie permanente est normalement impossible. Là où pourtant 50.000 habitants font le quotidien de ces montagnes. Un mystère pour la science. Un mystère quand on étudie l'hypoxie…

 

Cours de rattrapage en une minute sur l’hypoxie.

Pour le commun des mortels, l’hypoxie, c’est un terme un peu barbare qui paraît presque élitiste puisqu’il fut longtemps associé à une poignée de montagnards de l’extrême capables de monter à très haute altitude.

Pourtant, les effets de l’hypoxie - qu’on résume par le manque d’oxygène - peuvent être perçus dès la moyenne montagne, autrement dit à 1.500 m d’altitude. Pour la plupart d’entre nous, habitants de plaine, on parle de mal aigu des montagnes, celui qui donne des nausées, maux de tête, bref, le sentiment d’être "à plat". On le rencontre régulièrement quand on décide de monter trop haut, trop rapidement. Attention, vous ne le percevrez pas si vous ne restez que quelques heures en haut d’un sommet. Heureusement notre corps met en place une série de mécanismes limitant sa survenue : notre ventilation, notre fréquence cardiaque puis notre débit sanguin augmentent, permettant d’apporter davantage de sang, et de limiter le manque d’oxygène tellement nécessaire au fonctionnement de nos muscles !

À l’opposé, il y a le mal chronique des montagnes ou maladie de Monge, celui dont souffre une partie des populations qui vivent de manière permanente en altitude. Ces habitants dont on pourrait imaginer qu’ils sont parfaitement adapté à l’altitude pâtissent eux aussi de l’hypoxie. À la Rinconada, par exemple. Ce mal provoque des symptômes a priori plus complexes à soigner et dont les mécanismes restent encore à élucider totalement. Lors de notre première reconnaissance en octobre 2018, j’avoue avoir été surpris quant à la difficulté pour s’adapter au manque d’oxygène. Une sensation difficile à expliquer.

 

De Paris au Pérou… 10.000km pour explorer l’inconnu et le manque d’oxygène. 

ARRIVÉE À LIMA. Les visages, marqués encore par le jetlag et la longueur du voyage, se sont refermés. La peur de voir du matériel défectueux suite au transport est bien présente. Ici, pas de filet de secours comme en France. Pourtant, il faut y aller. En quelques jours, ce sera près de 150 heures d’évaluations médicales et scientifiques de haut niveau qui seront menées par l’équipe de chercheurs. Une prouesse dans ces conditions. Tout devait être minutieux. L’organisation, autrement dit la forme, devait permettre au fond de remonter à la surface. Entendre par là, réaliser des tests de qualité.

Notre arrivée marquait la validation d’une première étape et provoqua un réel soulagement : transporter jusqu’au Pérou et faire passer à la frontière des centaines de kilos de matériel scientifique. La suite ? Une course contre la montre mêlant rapidité et précision pour recréer un laboratoire éphémère dans un endroit assez vétuste mis à disposition pour l’occasion : 70m2, peu d’air et l’obligation de réfléchir à la meilleure organisation possible.

Malgré quelques couacs nécessitant d’arpenter Lima et ses environs pour trouver le matériel nécessaire, les tests ont pu commencer mercredi dernier sur une vingtaine de volontaires de la capitale péruvienne. Parce que l’objectif principal à Lima, c’est d’avoir une population référence, autrement dit un groupe contrôle présentant les mêmes caractéristiques ethniques que les habitants que nous rencontrerons à la Rinconada afin d’objectiver un maximum les évaluations réalisées. Toutes les évaluations commençaient par un passage obligatoire :  un long questionnaire afin de vérifier que les sujets respectent bien un certain nombre de conditions ; "ne pas vivre en altitude" ou ne pas présenter de maladies chroniques (cardiovasculaires, etc.) par exemple...




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