Alstom-Siemens : Bruxelles en passe de rejeter la fusion

Alstom-Siemens : Bruxelles en passe de rejeter la fusion
Source : Lepoint.fr
06/02/2019 09:02

Bruno Le Maire a confirmé le veto de la Commission européenne au projet de fusion entre Alstom et Siemens. Il fustige « une erreur économique ».

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Le gouvernement français a confirmé mercredi ce que tout le monde attendait : Bruxelles va mettre son veto au projet de fusion entre l'allemand Siemens et le français Alstom, censé mettre sur les rails un champion européen du ferroviaire capable de rivaliser avec la concurrence chinoise. Devançant la Commission européenne, le ministre français des Finances Bruno le Maire a de bon matin fustigé « une erreur » qui « va servir les intérêts » de la Chine.

« Je crois que les jeux sont faits », a affirmé le ministre sur la chaîne de télévision France 2, parlant d'une « erreur économique » qui « va servir les intérêts » de la Chine. « Le rôle de la Commission européenne, des institutions européennes, c'est de défendre les intérêts économiques et industriels européens », a-t-il rappelé, manifestement agacé par le probable refus de la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, de donner le feu vert à la naissance d'un géant européen du ferroviaire.

« Nous ne ferons jamais de politique ou de favoritisme »

Plusieurs sources avaient déjà indiqué mardi à l'Agence France-Presseque la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, devrait officialiser mercredi son veto au projet de fusion, annoncé en grande pompe en septembre 2017 et soutenu tant par Paris que par Berlin. La commissaire danoise s'est inquiétée à maintes reprises des effets de ce rapprochement. Il réduirait le nombre d'industriels rivaux dans l'Union, ce qui risquerait de faire monter les prix des trains pour les compagnies ferroviaires, et celui des billets pour les consommateurs.

De façon assez inhabituelle, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a défendu mardi, dans un discours à Bruxelles, la politique européenne de la concurrence. « Nous permettrons toujours une concurrence équitable pour les entreprises et, en fin de compte, pour les consommateurs (...) Nous ne ferons jamais de politique ou de favoritisme quand il s'agit d'assurer des règles du jeu équitables », a lancé le Luxembourgeois.

 

La Commission européenne, qui dispose depuis 1989 d'un droit de veto sur les grands projets de fusion, n'en a pas souvent fait usage. Elle a par exemple donné sa bénédiction au mariage des cimentiers Lafarge et Holcim, à celui d'Air France et KLM, ainsi qu'à la création du géant européen de l'aéronautique EADS. Ce qui n'empêche pas Margrethe Vestager, autrefois encensée par le président français Emmanuel Macron pour son intransigeance vis-à-vis des Gafa, d'être devenue avec le dossier Alstom-Siemens la cible d'attaques plus ou moins directes de Paris et Berlin.

La concurrence du chinois CRRC

Les deux capitales, comme les industriels, craignent la concurrence du chinois CRRC, numéro un mondial du ferroviaire né du rapprochement de deux entreprises d'État contrôlées par Pékin. CRRC fabrique 200 trains à grande vitesse chaque année, et Siemens-Alstom 35, notait récemment le ministre français des Finances, Bruno Le Maire. Mardi, une source gouvernementale française a estimé que le veto attendu de Bruxelles était « symptomatique d'une certaine idéologie de la Commission qui va à l'encontre des intérêts européens », regrettant une interprétation des règles « extrêmement stricte » de la part de Bruxelles.

Le même jour, le ministre allemand de l'Économie, Peter Altmaier, a également plaidé pour une politique favorisant des regroupements à l'échelle européenne, pour créer des groupes capables de jouer « à égalité » sur la scène internationale et une révision du droit européen de la concurrence « N'y a-t-il pas des domaines tels que l'aviation, les chemins de fer, les banques où vous devez prendre le marché mondial comme référence plutôt que l'européen  ? » a fait valoir le ministre...

 




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