Le VIH attend son heure dans les macrophages du système immunitaire

Le VIH attend son heure dans les macrophages du système immunitaire
Source : Sciencesetavenir.fr
07/02/2019 14:05

Les antirétroviraux permettent aujourd'hui de contenir le VIH, mais pas de l'éliminer totalement car le virus persiste dans des réservoirs cellulaires. Une équipe française vient d'identifier l'un d'eux.

Eliminer complètement le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est une gageure, car celui-ci peut se cacher dans des cellules immunitaires infectées, dites réservoirs cellulaires, pendant plusieurs dizaines d'années, sans qu'aucune protéine virale ne soit exprimée. Il échappe ainsi à la réponse immunitaire et aux traitements antirétroviraux, et se multiplie massivement en cas d'arrêt de la trithérapie.

Identifier ces réservoirs cellulaires est une étape essentielle pour envisager des traitements curatifs. Dans une étude publiée le 4 février 2019 par la revue Nature Microbiology, une équipe de l'Institut Cochin, coordonnée par Morgane Bomsel, directrice de recherche CNRS, met le doigt sur des réservoirs inconnus jusque-là : les macrophages (des cellules immunitaires) contenus dans les cellules du pénis. Cette découverte pourrait ouvrir des possibilités thérapeutiques.

Le virus en embuscade dans les cellules immunitaires

On a longtemps pensé que les réservoirs cellulaires du VIH de type 1 (qui représente 98% des infections du virus du Sida en France) se trouvaient seulement dans les lymphocytes T, un groupe de cellules immunitaires particulièrement visées par le virus. Beaucoup d'études récentes ont porté sur les moyens de réactiver ces cellules T dormantes, de les rendre repérables pour les autres cellules du système immunitaire, de façon à ce qu'elles soient détruites par les cellules cytotoxiques des patients (CLT), par des agents rétroviraux ou des anticorps. C'est la méthode dite du "shock and kill".

Mais les résultats n'ont pas été au rendez-vous, et un indice a provoqué la curiosité des chercheurs : les séquences des génomes des virus issus des lymphocytes T réservoirs ne coïncidaient pas toujours avec ceux retrouvés dans le sang à l'arrêt du traitement antirétroviral. Ce qui ne pouvait signifier qu'une chose : une partie de ces virus venaient d'un autre type de réservoir cellulaire.

Les macrophages, un foyer infectieux oublié

C'est en étudiant les tissus péniens d'hommes séropositifs que l'équipe a découvert que les macrophages, des cellules immunitaires phagocytaires, sont d'importants réservoirs viraux. Les macrophages sont rapidement ciblés par le VIH lors de la transmission sexuelle et survivent à l'infection par le virus. Ils sont nombreux dans les tissus du pénis, zone de l'infection initiale, ce qui laisse supposer qu'ils jouent ce rôle de réservoir dès la contamination (et contribuent à la contamination du partenaire en cas de rapport non protégé, puisque le sperme et le liquide séminal contiennent des macrophages potentiellement infectés.)....




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