Le binge drinking chez les adolescents nuit au développement cérébral

Le binge drinking chez les adolescents nuit au développement cérébral
Source : Sciencesetavenir.fr
12/02/2019 08:04

Cette consommation importante d'alcool durant l'adolescence perturbe les connexions synaptiques. Les jeunes buveurs sont ainsi plus exposés aux troubles mentaux.

On parle de binge drinking lorsqu'une personne a une consommation régulière et importante d'alcool, dépassant les 0,8 g d'alcool par litre de sang à chaque prise (4 verres pour une femme, 5 pour un homme) au moins 5 fois par mois. Cette pratique, qui se développe chez des adolescents, est associée chez eux à un risque accru de troubles psychologiques et de dépendance alcoolique plus tard dans la vie. Elle a des effets à long terme sur le cerveau, dans une période critique de son développement.

Une équipe de chercheurs de l'Université de l'Illinois a montré que certains de ces effets à long terme sont le résultat de modifications épigénétiques qui altèrent l'expression d'une protéine cruciale dans la formation et le maintien des connexions dans l'amygdale, une partie du cerveau impliquée dans les émotions, la peur et l'anxiété. Ces résultats sont publiés dans la revue Translational Psychiatry.

L'alcool perturbe la production d'une protéine clé du développement cérébral

L'épigénétique fait référence à des changements chimiques à la surface de l'ADN ou de l'ARN qui modifie l'activité des gènes, la façon dont ils s'expriment. Les altérations épigénétiques ont une influence sur la santé, et peuvent être provoquées par des facteurs environnementaux et sociaux, comme l'alcool et le stress. Elles débouchent sur des changements dans le comportement des individus et parfois sur des pathologies.

Au cours de l'étude, l'équipe dirigée par l'épigénéticien Subhash Pandey a travaillé sur du tissu cérébral humain post-mortem. Les chercheurs ont comparé les amygdales de 44 individus, divisés en trois groupes. Le premier groupe comprenait 11 individus ayant commencé à pratiquer le binge drinking avant l'âge de 21 ans, le second 11 individus ayant commencé après 21 ans, et le troisième 22 personnes n'ayant jamais pratiqué le binge drinking.

Les chercheurs ont trouvé dans l'amygdale des membres du premier groupe 30% de plus d'une grosse molécule d'ARN, BDNF-AS, que chez les deux autres groupes. En général, l'ARN est responsable de la traduction en protéines de l'ADN, mais ce n'est pas le cas de BDNF-AS, qui est un ARN non codant. Son rôle est de réguler l'expression d'un gène à l'origine de la synthèse de BDNF, une protéine cruciale pour la formation normale et le maintien des synapses dans le cerveau. BDNF joue un rôle dans l'apprentissage, dans la mémoire et dans la gestion de l'anxiété. Mais lorsque BDNF-AS, l'ARN non-codant, est présent en grandes quantités, BDNF est rare. L'amygdale des individus ayant pratiqué le binge drinking jeunes contenait 30 à 40% de moins de BDNF que celui des non-buveurs et des buveurs tardifs.

Chez les jeunes buveurs, la consommation d'alcool induit une influence anormalement grande de BDNF-AS. Cela est le résultat d'une modification épigénétique, la non-méthylation de cet ARN...




Recherche


Les articles les plus lus

Buzz

Newsletter
Conformément à la loi 09-08, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et d’opposition au traitement de vos données personnelles.
Ce traitement a été autorisé par la CNDP sous le n° D-W-343/2017

*: champ obligatoire

En poursuivant votre navigation sur notre site internet, vous acceptez que des cookies soient placés sur votre terminal. Ces cookies sont utilisés pour faciliter votre navigation, vous proposer des offres adaptées et permettre l'élaboration de statistiques. Pour obtenir plus d'informations sur les cookies, vous pouvez consulter notre Notice légale