Sous-marin Barracuda : 99 mètres de haute technologie

Sous-marin Barracuda : 99 mètres de haute technologie
Source : Sciencesetavenir.fr
12/02/2019 09:06

Le premier sous-marin nucléaire d’attaque français de nouvelle génération prendra la mer à l'été 2019. Visite guidée du "Suffren".

Enserrée dans les mailles métalliques des échafaudages, la silhouette sombre et massive du sous-marin s'impose, menaçante. Le nez en ogive est recouvert de grandes bâches bleues qui masquent quatre tubes lance-armes. Sur les flancs, d'autres bâches dissimulent les antennes latérales du sonar intégrées à la coque. Et à l'arrière, c'est le système de propulsion qui a été soigneusement empaqueté. "Secret-défense ! nous confie Laurent (prénom modifié pour des raisons de sécurité), ingénieur en chef de la direction générale de l'armement (DGA). La moindre image, la moindre information sur ces systèmes peut servir à déduire leurs performances."

Les sous-marins Barracuda embarquent des armes de nouvelle génération

C’est donc avec de grandes précautions que Naval Group, groupe français spécialisé dans l’industrie navale de défense, a ouvert pour la première fois à la presse, en novembre 2018, les portes du hangar Laubeuf situé sur son site de Cherbourg. C’est ici que l’entreprise achève la construction du premier représentant du programme Barracuda (9,1 milliards d’euros), la nouvelle génération de sous-marin nucléaire d’attaque français (SNA). Baptisé Suffren, ce navire sera mis à l’eau cet été pour plusieurs mois d’essais en mer avant d’être livré à la marine nationale en 2020. Cinq autres suivront jusqu’en 2029 pour remplacer progressivement les SNA de la classe Rubis. Au passage, le submersible change d’échelle : 99 mètres de long et 5100 tonnes pour la classe Suffren contre 73 mètres et 2670 tonnes pour les Rubis.

L’armement a aussi été revu à la hausse. Le nouveau SNA emportera pour la première fois des missiles de croisière navals (MdCN) en plus de ses torpilles FM21 et de ses missiles antinavires SM39. "Les torpilles peuvent détruire un bateau ou un sous-marin à une distance de 10 km. Les missiles, tirés sous l’eau, sont conçus pour toucher un bateau en surface avec une portée d’environ 50 km. Mais la grande nouveauté, c’est le MdCN. Tiré en plongée, il peut atteindre des cibles se trouvant à terre jusqu’à une distance de 1000 km", assure le capitaine de vaisseau Bertrand Dumoulin, porte-parole de la marine nationale et ancien commandant de sous-marins SNA et SNLE (voir lexique). Sur le plan technologique, ce missile est une prouesse. Au moment du tir, il est contenu dans une sorte de véhicule sous-marin dont il se débarrasse discrètement une fois à quelques mètres au-dessus de la surface. "Le missile doit rester très bas pour ne pas être repéré par les radars. La France est très performante dans la maîtrise de cette hauteur, dont la valeur exacte est classée secret-défense", indique le capitaine de frégate Vincent Trifot, qui prépare les premiers essais en mer du Suffren.

La fin de l’emblématique périscope

Le programme Barracuda marque aussi une véritable rupture dans l’histoire des sous-marins en se débarrassant de l’emblématique périscope si cher au cinéma d’Hollywood. Il est remplacé par des mâts optroniques télescopiques qui combinent optique et électronique. « Deux mâts sont équipés d’une caméra haute définition, d’une caméra avec intensification de lumière et d’une caméra infrarouge. Ces équipements sont utilisés pour le renseignement et le retour à la surface. Un troisième mât radar sert à la navigation en surface, et un autre avec une antenne multifonction capable de capter à peu près toutes les fréquences de communication. Un dernier mât est dédié à Syracuse, le système de communication satellites des armées », détaille Vincent Martinot-Lagarde, directeur du programme Barracuda chez Naval Group. Ces équipements sont indispensables à l’une des missions premières du SNA, le renseignement : « Dans une zone de crise, le Suffren peut s’approcher très près des côtes pour observer tout ce qui se passe dans les environs sans être détecté », explique Bertrand Dumoulin...




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