Campagne présidentielle au Sénégal : appels au calme après un mort

Campagne présidentielle au Sénégal : appels au calme après un mort
Source : lemonde.fr Afrique
12/02/2019 11:00

Des heurts ont éclaté en début de semaine dans plusieurs régions du pays, entre partisans du président sortant Macky Sall et ceux des autres candidats.

Les responsables politiques et la société civile au Sénégal appelaient au calme lundi soir 11 février après le premier mort signalé depuis le début de la campagne présidentielle lors de heurts entre militants du parti au pouvoir et de l’opposition. Le Sénégal, qui a connu deux alternances, en 2000 et en 2012, et aucun coup d’Etat, est présenté comme un modèle de démocratie en Afrique, mais les campagnes électorales y sont souvent émaillées d’accusations de corruption, de trafic d’influence, de désinformation et de violences.

Face au président Macky Sall, quatre candidats, dont l’ancien premier ministre Idrissa Seck, entendent bien le frustrer de son ambition affichée de réélection au premier tour le 24 février. Après des heurts qui ont fait plusieurs blessés dans le pays ces derniers jours, des échauffourées ont éclaté lundi à Tambacounda, à 420 km à l’est de Dakar, entre partisans de la coalition au pouvoir, Benno Bokk Yaakaar (BBY, « Ensemble pour le même espoir » en wolof) et ceux d’Issa Sall, candidat du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR), proche de la mouvance religieuse.

« Ne pas céder à la provocation »

L’Association des éditeurs et professionnels de la presse (Appel) a par ailleurs affirmé, citant « les témoignages des confrères », que huit journalistes suivant la caravane de campagne d’Issa Sall avaient été blessés à la suite de ces violences. Lors d’un rassemblement électoral, Macky Sall a déploré la mort d’un militant de son parti et demandé « que toute la lumière soit faite puisque la campagne électorale ne saurait être un prétexte pour que la violence s’installe dans le pays ».

Il a appelé ses partisans à « ne pas céder à la provocation », invitant ses adversaires à faire de même. « C’est déjà le résultat de l’appel à la violence prônée par certains responsables politiques », a-t-il estimé, ajoutant : « Ils répondront de leurs actes devant les tribunaux ». Il faisait allusion à son prédécesseur et adversaire, Abdoulaye Wade (2000-2012), qui a réitéré le 8 février son appel à empêcher la tenue de la présidentielle, conviant notamment ses partisans à « brûler les cartes d’électeur et les bulletins de vote ».

Le directoire de campagne d’Issa Sall a dénoncé « des sabotages » de ses activités ces derniers jours, notamment le fait que son convoi a été temporairement bloqué par les forces de l’ordre samedi à Kolda (sud) pour laisser passer celui de Macky Sall. Depuis, la « provocation » s’est poursuivie, selon le directoire de campagne, faisant état d’attaques lundi matin « de la part des militants de BBY à Tambacounda, occasionnant la mort d’une personne et plusieurs blessés »...




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