Recrudescence d'épidémies disparues : La méfiance à l'égard des vaccins responsable

Recrudescence d'épidémies disparues : La méfiance à l'égard des vaccins responsable
Source : LesInfos.ma
13/02/2019 13:50

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) tire la sonnette d'alarme sur les méfaits du phénomène d'anti-vaccination. Cette menace est en partie responsable du retour de nombreuses épidémies en 2019, dont la rougeole qui touchent plusieurs pays. 

De nombreuses menaces planent sur la santé en 2019, annonce l'OMS dans sa dernière recommandation. L'organisation mondiale pointe particulièrement du doigt la méfiance croissante à l'égard des vaccins, qu'elle classe ainsi parmi les dix principaux risques auxquels le monde devra faire face en cette nouvelle année. Aux États-Unis, la rougeole éradiquée depuis l'an 2000 grâce à de vastes campagnes de vaccinations, fait un retour fulgurant à New York. « La Grosse Pomme subit actuellement la pire épidémie de rougeole depuis des décennies et le gouverneur de l’État de Washington a déclaré l’état d’urgence sanitaire le 25 janvier, également en raison d’une épidémie de rougeole » annonce le New York Times. La grande métropole n'est pas un cas isolée, précise la même source. En effet, « au Texas, quelque 60 000 enfants ne sont pas du tout vaccinés, en partie à cause de puissants lobbys anti-vaccin », précise Le Courrier International. Et d'ajouter qu'aux Philippines, plus de cinquante enfants ont succombé à la rougeole depuis le début de l’année et l’Express de Madagascar rapporte que plus de 300 personnes en sont décédées dans 26 districts de l’île. Si l'Europe ne semble pour l'heure pas concernée par cette recrudescence de rougeole, l'OMS note néanmoins qu'elle a entraîné la mort de 72 patients l'année précédente.

Partout dans le monde, « les spécialistes en santé publique tirent la sonnette d’alarme face aux concentrations locales d’antivaccins, qui augmentent les risques en dépit d’un taux global de vaccination élevé », martèle le Washington Post.

La rougeole n’est pas la seule maladie évitable à faire des victimes. Le New York Times constate une recrudescence d’épidémies d’oreillons, de coqueluche et d’autres maladies. Il déplore également « les taux lamentables de vaccination contre le HPV [papillomavirus humain], vaccination qui, selon les médecins, pourrait effectivement éliminer le cancer du col de l’utérus si elle était mieux utilisée », relaye la même source.

Lutter contre la mortalité infantile au Maroc

Au Maroc, le mouvement d'anti-vaccination reste minime et marginal et fait du royaume un « bon élève » en matière de vaccination. A l'occasion de la célébration des 30 ans de mise en œuvre du Programme national d’immunisation et de la présentation du bilan de ces trois décennies d’action au service du droit de l’enfant à la vaccination, le ministre de la Santé, Anas Doukkali, a souligné que la vaccination a permis aujourd’hui d’atteindre, en moyenne, un taux de couverture de 95%, alors que certains vaccins arrivent à une couverture de 99%. Et d’ajouter que la nouveauté de cette année est de donner une impulsion au vaccin contre l’hépatite B et pour faire atteindre un taux de couverture de 99%. De cette façon,« le Royaume est parvenu à réduire de façon palpable le nombre de personnes atteintes de plusieurs maladies infectieuses grâce à la vaccination », a-t-il ajouté à cette occasion, à Marrakech.

Régulièrement, le ministère de la Santé réalise des enquêtes sur la couverture vaccinale, des supervisions et des évaluations. L'indicateur le plus probant du respect de cette vaccination reste le recul notable de la mortalité infantile, indiquent nos confrères de L’Économiste. « Le calendrier officiel de vaccination pour les enfants est mis en place selon les recommandations du Comité national technique et scientifique consultatif, composé, selon les principes de l’OMS, d’experts nationaux en relation avec la vaccination représentant les secteurs public et privé ainsi que des Ordres professionnels et des Associations civiles ou savantes », explique le Dr Mohammed Benazzouz, responsable du Programme national d’immunisation au sein du ministère. Selon la même source, « le calendrier est sujet à révision selon l’évolution de la situation épidémiologique et les dernières avancées, innovations et recommandations scientifiques en matière de vaccin.  Pour le moment, le calendrier n’a connu aucun changement. Il cible une dizaine de maladies dont la tuberculose, l’hépatite virale type B, le tétanos, la diphtérie, la poliomyélite, la coqueluche. Il concerne également les diarrhées à rotavirus, la rougeole, les infections à pneumocoque, la rubéole et l’Haemophilus Influenza type b. » Le programme de vaccination national a été le moyen le plus fiable et le plus efficace pour lutter contre un très grand nombre de maladies telles que le tétanos (à 95%) la rougeole (à 84%) et la coqueluche (à 86%) pour les enfants de 0 à 1 an ; et d'éradiquer la diphtérie ou  la poliomyélite, dont les deux derniers cas ont été respectivement enregistrés en 1987 et 1991...

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