Le Conseil de la concurrence n'approuve pas le plafonnement des prix du carburant

Le Conseil de la concurrence n'approuve pas le plafonnement des prix du carburant
Source : huffpostmaghreb.com
15/02/2019 12:01

La libéralisation ne s'est pas accompagnée de mesures et le plafonnement a déjà été testé.

Il a mis la charrue avant les bœufs. Le gouvernement a lancé la libéralisation des prix des carburants sans mettre en oeuvre des mesures d’accompagnement ni des mécanismes de compensation en faveur des segments les plus vulnérables et des populations qui en seraient les plus touchées. C’est ce qu’a affirmé, ce vendredi, le président du Conseil de la concurrence (CC) Driss Guerraoui, en donnant lecture de l’avis de son institution sur le plafonnement des prix du carburant.

Saisi par le ministère délégué chargé des Affaires sociales et de la Gouvernance, le CC, inactif depuis le départ de son ancien président Abdelali Benamour en 2013 jusqu’à la nomination par le souverain de Guerraoui le 17 novembre dernier, a fait un retour fracassant. Et pour cause, le plafonnement des prix des hydrocarbures a alimenté le débat au sein de la majorité gouvernementale, pendant plusieurs mois, mais aussi suscité un boycott social envers une société de distribution accusée de “monopoliser le marché”.

“La décision de libéralisation du marché avait été prise sans l’avis du CC qui n’était pas actif à ce moment-là”, regrette l’actuel président soulignant ainsi que cette libéralisation entrée en vigueur le 1er décembre 2015 s’est opérée “dans un vide institutionnel”. Mais il n’est pas question, aujourd’hui pour le CC, de faire machine arrière. Et les raisons, Guerraoui en a présentées plusieurs. “Si le gouvernement opte pour le plafonnement des prix, le conseil estime que ce choix ne sera pas suffisant ni judicieux d’un point de vue économique et concurrentiel et en terme de justice sociale”, indique le président du conseil. 

De l’avis de cette institution, le plafonnement reste une mesure éphémère dans le temps et dont son expérimentation au Maroc remonte à 2014. “Cette mesure a déjà été expérimentée entre décembre 2014 et 2015 et elle n’a pas donné les résultats escomptés”, précise Guerraoui. Et d’expliquer que le plafonnement est une mesure conjoncturelle qui, légalement, ne dure que 6 mois et ne peut être prolongée que pour la même durée.

Et conjoncture oblige, le président du CC rappelle que le Maroc reste tributaire, dans ce secteur, à 93% de l’importation et le prix dans sa structure dépendra des fluctuations du prix de la matière première. Le plafonnement des marges des distributeurs de gros et de détails ne va pas changer la réalité des prix, estime le CC, soulignant qu’il ne permettra pas non plus de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs...




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