La semaine de tous les Saints !

La semaine de tous les Saints !
Source : LesInfos.ma
15/02/2019 14:30

Chers lecteurs,

J’espère que vous allez bien et que ce froid qui s’éternise ne vous plombe pas le moral. De mon côté, je suis d’humeur mitigée. Le surplus de sentimentalisme et autres cœurs en sucre et en papier qui ont infesté mon paysage physique et virtuel cette semaine m’ont quelque peu agacée. Je voue une sincère détestation pour cette fête niaise et un chouïa hypocrite au point de songer à militer pour son abolition définitive. Ajoutez à cela les quelques plaisantins qui ont fait l’actualité de ce monde, et ma boucle est définitivement bouclée. Lah Yester.

            Lundi, pendant que Saad Lamjarred, notre chanteur « vénéré », tentait de laver son honneur en essayant de faire supprimer le reportage de l’émission « 7 à 8 » de la toile pour une question de « droits d’auteur » dit-il (voilà là une façon bien particulière de se défendre des nouvelles accusations de viol) et qu’Israël rayait d’un coup de tweet le Sahara Marocain de notre territoire (que voulez-vous, rayer les territoires des autres c’est leur spécialité), du côté de notre ex-chef de l’Exécutif l’heure était aux jérémiades. Ainsi, dans une (longue) vidéo, Abdelilah Benkirane – chapelet à la main (c’était de circonstance) – s’insurgeait contre les médias « menteurs » qui le persécutent et l’accusent de toucher deux retraites plutôt qu’une. Des « informations » qu’il réfute catégoriquement tout en menaçant de poursuivre les concernés en justice pour diffamation. Et selon lui, tout ce tapage médiatique ne le vise pas spécialement au final mais plutôt le parti de la lampe que les méchants tentent de déstabiliser. Bref, quelques versets coraniques et prières plus tard, Saint Benkirane conclut son monologue en appelant tous les Marocains à vérifier les informations qu’on leur sert et à s’en remettre au bon Dieu. J’en ai eu la larme à l’œil.

            Mardi, alors que le Parlement européen adoptait à une écrasante majorité le nouvel accord de pêche entre le Maroc et l’Union européenne, une vidéo montrant des lycéennes hystériques se roulant par terre inondait les réseaux sociaux. Les adolescentes en question ne semblant bien évidemment pas dans leur état normal, nombre d’internautes ont imputé leur état à la prise de drogues (logique). Une théorie balayée d’un revers de la main par le délégué régional qui a expliqué via un communiqué qu’en réalité une des élèves a eu une crise d'hystérie qui s’est tout simplement « propagée » jusque chez ses petites camarades (ça serait donc une « hystérie solidaire » ?). Les concernées expliqueront plus tard avoir en fait croisé le chemin d’un charlatan qui leur a « jeté un sort ». Soub7ana llah. Que d’explications abracadabrantes, que le bon Dieu allume nos lanternes mal éclairées.

            Mercredi, pendant que le roi Felipe et sa magnifique épouse foulaient le sol marocain, que l’avocat de Carlos Ghosn jetait l’éponge, cédant sa place à un ténor du barreau japonais connu pour avoir défendu des dossiers similaires, la Commission européenne proposait d’ajouter l’Arabie Saoudite à la liste noire de l’Union Européenne. En effet, considérant que le royaume wahhabite ne lutte pas assez contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, Bruxelles aimerait épingler les Saoudiens dans la même liste que la Corée du Nord, l’Irak ou encore… l’Iran. Une situation pour le moins burlesque qui me fait doucement rire. Bon, les jeux ne sont pas encore faits et cette initiative a tout de même besoin de l’aval du Parlement européen et des pays membres de l'UE (et il se murmure que l’Angleterre et la France ne sont pas trop d’accord, on se demande pourquoi) mais rien qu’à l’idée que ces gens, qui ne me sont absolument pas sympathiques, puissent se faire blacklister… ma réjouissance, quelque peu cruelle, est à son apogée. Vous m’en excuserez, ou pas...

            Jeudi, un appel à manifester pour empêcher Enrico Macias de pousser la chansonnette à Casablanca infestait nos messageries privées. Dans une vidéo, quasi inaudible parce que noyée dans une musique de fond mélodramatique (cela va de soi), une jeune femme accompagnée d’un jeune monsieur s’indignaient que ce chanteur – « sioniste revendiqué » - vienne salir les terres marocaines, le tout saupoudré des éternels « nos frères palestiniens », « la cause palestinienne ». Bon, je respecte les souffrances et suis (très sincèrement et sans aucun sarcasme) indignée par ce qui se passe en Palestine depuis… Oh ! Tellement d’années ! Mais je suis aussi indignée que des gens viennent dicter une conduite à leurs compatriotes en exerçant du chantage à une cause qui n’est pas la nôtre (non, la Palestine, jusqu’à preuve du contraire, ne se trouve pas au Maroc). Plus encore ! Je suis indignée que la cause palestinienne surplombe nos innombrables causes marocaines et que le « courage » - ce pseudo courage d’appeler à manifester, de faire le pied de grue en pleine nuit et par ce froid de canard devant une salle de concert - disparaisse comme par enchantement quand il s’agit de défendre les intérêts qui nous sont propres, qui nous sont importants, vitaux même ! Alors on peut me traiter de « traîtresse indigne », de « vendue », de « sioniste » - et je réfute ces insultes avec force et détermination – mais j’assume l’intégralité de mes propos ci-dessus sans un froncement de sourcils et vous dis que j’en ai plus que ras les cheveux qu’on nous serve cette cause à toutes les sauces. Merci.
Le même jour, Gad El Maleh nous a pondu une sorte de vidéo pour nous parler des accusations de plagiat qui le visent depuis plusieurs semaines. Et selon notre comique international, tout ceci est l’œuvre de méchants qui sévissent dans les réseaux sociaux, qui lui font du mal et que de toute façon lui, il a 25 ans de carrière. En d’autres termes, quand tu as une longue carrière, tu peux piocher dans le travail de qui tu veux, personne n’a le droit de contester ni de demander des comptes. Sa logique me laisse pour le moins pantoise et me pousse à l’inviter, à mon tour, à aller se faire « cajoler ». Plagiat pour plagiat, autant retourner sa vile vanne contre lui.

            Aujourd’hui, nous apprenons que Donald Trump va déclarer « l’urgence nationale » aux États-Unis pour construire son mur. Une procédure exceptionnelle qui l’autorise donc à contourner le Congrès pour mobiliser les fonds (qui lui ont été à la base refusés). En d’autres termes, ce monsieur qui est à la tête de l’une « des plus grandes démocraties du monde », va se donner les pleins pouvoirs pour jongler avec l’argent en se fichant complètement du Congrès à qui incombe normalement cette tâche. J’aurais bien ponctué le tout d’un « incroyable », mais bon, c’est vendredi, c’est Donald Trump et plus rien n’étonne vraiment en ce moment.
Allez, je vous laisse et vous donne rendez-vous la semaine prochaine !

Par Majda El Krami




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