Venezuela : Les militaires veulent empêcher l’entrée des aides humanitaires

Venezuela : Les militaires veulent empêcher l’entrée des aides humanitaires
Source : LesInfos.ma
20/02/2019 11:05

Les militaires fidèles au président Nicolas Maduro se disent déterminés à défendre « l'intégrité territoriale » du Venezuela, face aux milliers d'opposants qui se préparent à converger vers les frontières afin de faire entrer l'aide humanitaire stockée aux portes du pays.

Les présidents colombien Ivan Duque et chilien Sebastian Piñera, parmi les premiers à reconnaître Juan Guaido, ont prévu de se rendre vendredi dans la ville colombienne frontalière de Cucuta pour afficher leur soutien à l'opération. Plusieurs dizaines de tonnes de vivres et de médicaments envoyées par les États-Unis sont stockées dans cette ville, près du pont frontalier de Tienditas barré par les autorités vénézuéliennes. « Les présidents à la botte des yankees comme ceux de Colombie et du Chili, qui encouragent la provocation et la violence contre le Venezuela, sont en train d'appeler à prendre d'assaut la frontière du Venezuela samedi prochain », a réagi Nicolas Maduro. Qualifiant Juan Guaido de « clown qui dit être président par intérim », il l'a mis au défi de « convoquer des élections pour renverser la situation avec le vote du peuple ».

Les militaires font bloc

Les militaires ont réaffirmé mardi leur « loyauté sans faille » envers Nicolas Maduro. Ils rejettent obstinément les appels à désavouer le dirigeant socialiste lancés par Juan Guaido et Donald Trump. Ils ont également annoncé la fermeture de la frontière maritime avec les îles néerlandaises d'Aruba, Bonaire et Curaçao, situées au large du Venezuela. Un avion en provenance de Miami chargé d'aides humanitaires est attendu à Curaçao.
Le ministre de la Défense, Vladimir Padrino, entouré du haut-commandement militaire, a assuré que l'armée ne céderait pas au « chantage ». Il a qualifié de « tissu de mensonges » la présentation par Donald Trump et Juan Guaido de « cette prétendue aide humanitaire » comme un sujet de confrontation entre civils et militaires vénézuéliens. « L'armée restera déployée et en alerte le long des frontières (...) pour empêcher toute violation de l'intégrité du territoire », a averti le ministre. Juan Guaido a envoyé mardi un message sur Twitter à chacun des chefs militaires des régions frontalières: « Le 23 février, vous devez choisir entre servir Maduro et servir la Patrie », leur a-t-il écrit. Il a également demandé à ses partisans d'écrire à chaque soldat « en argumentant, sans violence, sans insulte » pour expliquer les "raisons pour lesquelles ils doivent se ranger derrière les millions (de Vénézuéliens) qui demandent l'entrée de l'aide ».
Jusqu'à présent, seuls quelques responsables militaires se sont ralliés à Juan Guaido, pour la plupart des officiers subalternes ou n'exerçant aucun commandement. Dernier en date : un conseiller militaire adjoint du Venezuela à l'ONU, le colonel Pedro José Chirinos, qui s'est déclaré mercredi « en désobéissance totale et absolue face au gouvernement illégalement constitué de Monsieur Nicolas Maduro » dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Jair Bolsorano et Donald Trump main dans la main

Samedi, le Brésil mettra également à disposition de l'aide humanitaire à Boa Vista et Pacaraima (nord) « en coopération avec les États-Unis ». Des aliments et médicaments seront disponibles pour être collectés « par le gouvernement de Juan Guaido, par des camions venézuéliens conduits par des Vénézuéliens », a précisé le porte-parole de la présidence brésilienne, Otavio Régo Barros. L'entrée d'aide venue des États-Unis est un sujet extrêmement sensible au Venezuela, même si le pays est en proie à des pénuries qui ont poussé à l'exil plus de deux millions de Vénézuéliens depuis 2015, selon l'ONU. 
Nicolas Maduro voit quant à lui dans l'aide humanitaire les prémices d'une intervention militaire américaine, et rejette la responsabilité des pénuries sur les sanctions de Washington.

À l'appel de Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, quelque 700.000 volontaires, selon l'opposition, ont l'intention de se rendre à bord d'autocars le 23 février aux postes-frontière pour recevoir de l'aide humanitaire envoyée par les États-Unis et le Brésil. Toutefois, personne ne sait comment ils espèrent déjouer le blocus des militaires.




Recherche
Météo Plus
Newsletter
Conformément à la loi 09-08, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et d’opposition au traitement de vos données personnelles.
Ce traitement a été autorisé par la CNDP sous le n° D-W-343/2017

*: champ obligatoire

En bref Voir plus



Les articles les plus lus

Buzz

En poursuivant votre navigation sur notre site internet, vous acceptez que des cookies soient placés sur votre terminal. Ces cookies sont utilisés pour faciliter votre navigation, vous proposer des offres adaptées et permettre l'élaboration de statistiques. Pour obtenir plus d'informations sur les cookies, vous pouvez consulter notre Notice légale