L’obsession des ouvriers britanniques pour Elvis Presley

L’obsession des ouvriers britanniques pour Elvis Presley
Source : Vice.com
21/02/2019 09:00

Non le King n’est pas mort, il est au pub.

Il y a cinq ans, Graeme Oxby est tombé sur un type qu'il connaissait, mais qu’il n’avait pas vu depuis longtemps, dans une station-service à Doncaster, au Royaume-Uni. L’homme portait une veste dorée et remplissait sa Cadillac de carburant sans plomb. Ce dernier a expliqué à Graeme qu'il avait changé son nom pour devenir « Elvis Parkin » et qu'il vivait désormais son rêve. Ce fut le début du voyage de Graeme dans le monde des sosies d’Elvis et de ce qui deviendra par la suite son projet photographique The Kings of England.

Au fil du temps, le photographe a découvert que la communauté était bien plus vaste que prévu et principalement composée d’hommes d’âge moyen issus de la classe ouvrière. J'ai discuté avec Graeme de ses sosies préférés, de l’amour des Britanniques pour le chanteur et de la manière dont il permet aux hommes d'explorer les zones d'ombre à la limite de leur masculinité.

VICE : Bonjour, Graeme. Selon vous, pourquoi Elvis est-il une figure aussi importante dans la culture ouvrière ?
Graeme Oxby : Je pense qu'il y a plusieurs raisons. Elvis lui-même était chauffeur de camion avant de devenir célèbre. Il y a quelque chose dans cette histoire d’ascension sociale qui captive les gens, en particulier la génération plus âgée, qui a grandi avec les films américains et la culture américaine. L'idée qu’un homme de la classe ouvrière devienne la personne la plus célèbre de la planète – et la plus photographiée – est, à mon avis, très attrayante. Et puis, ses chansons sont incroyables. Elles font partie intégrante de la vie de la classe ouvrière. Si vous aviez fréquenté un club d’hommes ouvriers entre 1965 et la fin des années 1980, vous auriez constaté que sa musique était omniprésente, transversale. De plus, je pense qu’elle offre aux hommes de la classe ouvrière un moyen d’explorer leur masculinité, de s’habiller, de se soucier de leur apparence, d’une manière qui soit acceptée dans leur culture. Par exemple, s’ils travaillent dans un garage ou dans une mine, cela leur permet d’être différents et de se faire valoir, de faire le paon. C’est un moyen d’exprimer leur créativité.

Y a-t-il des personnes qui semblaient particulièrement vulnérables aux charmes de l'imitation d'Elvis ?
Ce que j’ai constaté au cours des cinq années que j’ai consacrées au projet, c’est que beaucoup de gens se sont tournés vers Elvis en temps de crise. Il y avait un homme dont le fils était décédé à l'âge de 21 ans, il est mort dans ses bras d’une crise cardiaque. Le fait de rejoindre la communauté d'Elvis l'a aidé à surmonter son désespoir. C’est presque comme une religion, je suppose. C’est une chose dans laquelle les gens peuvent mettre leur énergie, et c’est une communauté très inclusive et très soudée.

Pouvez-vous me parler de vos Elvis préférés ?
Il y a Elvis Parkin. Ainsi que Polk Salad Annie. C'est une femme très intéressante, également originaire de Doncaster. Elle est aussi médium spirituelle. Elle a réalisé des performances dans la peau d'Elvis et a eu la chance de le rencontrer dans les années 1970. Elle s’est rendue aux États-Unis pour assister à plusieurs de ses concerts. Cela la place dans une position très intéressante au sein de la scène Elvis : tout le monde lui demande tout le temps son avis. C’est une experte, notamment parce qu’elle dit être en contact avec le King au cours de ses séances de spiritisme...




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