OneWeb, une myriade de satellites pour un accès à l'Internet où que l'on soit

OneWeb, une myriade de satellites pour un accès à l'Internet où que l'on soit
Source : Lepoint.fr
28/02/2019 13:02

Mercredi, les six premiers satellites ont été mis en orbite avec succès. Retour sur un projet américano-européen inédit dans l'histoire spatiale.

 

À l'image d'Internet, le programme OneWeb consacre la mondialisation du spatial. La constellation de 648 petits satellites qui doivent donner accès à la Toile dans le monde entier est réalisée par une coentreprise américano-européenne entre OneWeb et AirbusDefence and Space. Pour lancer à cadence accélérée ces satellites, il est fait appel à la fusée Soyouz, mise en œuvre notamment à Kourou en Guyane par ArianeEspace.

Cette nuit, six des premiers satellites réalisés dans l'usine OneWeb Satellites de Toulouse ont été mis en orbite après un lancement depuis le centre spatial de Kourou. Jusqu'à la dernière minute, de nombreuses (bonnes) raisons auraient pu arrêter le décompte. Prévu la semaine dernière, le lancement avait été retardé car une fusée jumelle, tirée du cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan, avait présenté un léger défaut. La Soyouz guyanaise a donc été l'objet d'une inspection minutieuse.

 

La veille du lancement, les météorologues s'assurent que les vents en altitude ne vont pas perturber la retombée dans l'atmosphère des étages de la fusée et les diriger vers des zones habitées. Cette prévision est confirmée le matin avant de décider le délicat remplissage des réservoirs de kérosène et d'oxygène liquide, une opération qu'il est très difficile d'interrompre. Jusqu'à la dernière minute, le tir peut encore être reporté si un orage, parfois violent en Guyane, survient. En revanche, Kourou est à l'écart des routes des cyclones. Dernière subtilité russe, le lancement ne peut pas avoir lieu si, pendant le décompte des vingt dernières minutes, un opérateur à Baïkonour ne tourne pas une clé…

Des centaines de satellites à suivre

 

Et l'heure, c'est l'heure : 18 h 37, heure locale (22 h 37, heure de Paris). On ne parle pas ici de fenêtre de tir, car il faut lancer dans la bonne direction, au bon moment pour arriver sur la bonne orbite. Le vol des trois étages inférieurs a duré 9 minutes. Ils sont retombés à la mer, mais ne sont pas récupérables. Après deux phases propulsées, suivies de phases balistiques, les satellites se sont séparés pour atteindre leur orbite polaire à 1 200 kilomètres de la Terre. De A à Z, ce lancement VS 21 OneWeb F6 a été « nominal » selon le jargon spatial : la trajectoire et le timing ont été parfaitement respectés.

 

L'aventure commence. Ces six premiers satellites vont permettre d'étudier leurs comportements dans l'espace avant de lancer la production en série. Car il s'agit ensuite de disposer de deux satellites OneWeb par jour sortis des usines de Toulouse et d'une nouvelle unité de fabrication près du Kennedy Space Center en Floride. D'ici à 2021, Greg Wyler, un Américain spécialiste des télécommunications, créateur de OneWeb, promet que 648 satellites seront lancés, la constellation nécessaire pour arroser le monde.

En réalité, 900 satellites sont prévus pour renforcer la couverture de certaines zones et servir de secours. Aussi, dès septembre prochain, au rythme d'un toutes les trois semaines, 23 lancements sont prévus avec 32 à 36 satellites à bord des Soyouz. Du jamais-vu dans l'industrie spatiale. À l'issue du premier lancement mercredi, Stéphane Israel, président d'ArianeEspace, a annoncé que le premier vol d'Ariane VI, attendu à l'été 2020, emmènerait une trentaine de satellites OneWeb.

À quel coût ? Les dirigeants d'OneWeb sont peu bavards sur ce point. Adrian Steckel, directeur général de OneWeb, convient que deux milliards de dollars ont été engagés, mais admet qu'il en faudra d'autres. Quelques chiffres transpirent comme le coût de 30 millions de dollars du lancement de Soyouz, néanmoins à modérer avec un achat de 23 fusées, contrat exceptionnel dans le spatial. Le prix d'un satellite, un bijou de technologie de seulement 147 kilos, approche le million de dollars, le prix d'un appartement parisien haut de gamme, mais infiniment moindre que celui des satellites d'exploration chiffré en centaines de millions de dollars.

 

Reste le coût de la station sol, équipement obligatoire pour poursuivre les satellites et recevoir le signal radio. Cette boîte assurera la transition entre deux satellites quand l'un sortira du champ et d'autres prendront le relais. Pour rester accessible à des utilisateurs sans grand moyen, elle doit viser un prix de 30 à 40 dollars. Installée dans un village, une école, une mairie, un hôpital, etc., mais aussi sur un avion, une voiture ou un camion, elle renverra le signal vers les usagers individuels en utilisant les protocoles de communication classiques WiFi, 3G, LTE, 5G, etc. Comme les droits de trafic pour le transport aérien, certains pays interdisent les télécommunications par satellite. C'est le cas de la Chine qui développe ses propres systèmes, de l'Inde et, paradoxalement, de la Russie...

 




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