Carlos Ghosn : Une libération sous caution autorisée, mais rapidement contestée par le procureur

Carlos Ghosn : Une libération sous caution autorisée, mais rapidement contestée par le procureur
Source : LesInfos.ma
05/03/2019 11:10

Le tribunal de Tokyo a annoncé mardi qu'il acceptait la mise en liberté sous caution de Carlos Ghosn. Une décision immédiatement contestée par le procureur, qui a aussitôt fait appel afin que soit maintenu en détention l'ancien PDG des constructeurs automobiles Nissan et Renault.

Les rebondissements et les déboires judiciaires n'en finissent pas dans l'affaire Carlos Ghosn. Après le coup d'éclat réalisé par son avocat Maître Junichiro Hironaka, aka « Innocenteur », connu pour avoir obtenu un nombre record d'acquittements, l'emblématique ex-grand patron voit sa mise en libération contestée par le procureur, qui fait immédiatement appel. Selon l'AFP, un deuxième juge va examiner cet appel et son avis devrait être rendu rapidement. Si l'appel interjeté n'inverse pas la décision, Carlos Ghosn, incarcéré depuis plus de trois mois, pourrait sortir de prison dès mardi, à moins que le bureau du procureur ne l'arrête à nouveau sur d'autres chefs d'accusation, précise la même source.

La requête de libération sous caution posée par Me Hironaka, comportait des arguments solides, faisant pencher le tribunal en sa faveur. Il en effet proposé que M. Ghosn soit placé sous la surveillance de caméras et dispose de moyens limités de communication vers l'extérieur. Elle intervient en outre après deux tentatives qui se sont soldées par des échecs.

Par ailleurs, bien que le tribunal aie estimé ce mardi que le risque de fuite ou d'altération de preuves était faible, il a néanmoins assorti son choix de conditions restrictives: obligation de résider au Japon, interdiction de quitter le pays même pour un bref séjour et dispositions pour éviter sa fuite et la destruction de preuves. Quant au montant de la caution, il a été fixé à un milliard de yens (8 millions d'euros).

Nouvelle stratégie

L'arrivée de Me Junichiro Hironaka s'accompagne d'une nouvelle stratégie. Il a désormais accès à une partie des pièces à conviction et trouve « curieux », souligne l'AFP, que « seuls M. Ghosn et son ex-bras droit Greg Kelly soient inculpés alors que les faits reprochés remontent à une dizaine d'années et ont dû être connus d'autres dirigeants de Nissan ». S'il ne souhaite en livrer aucun détails préalables, cet expert de l'acquittement annonce vouloir « avancer avec une toute nouvelle façon d'aborder le dossier ». Une approche qui convient au magnat de l'automobile. « Je suis impatient de pouvoir me défendre, avec vigueur, et ce choix représente pour moi la première étape d'un processus visant non seulement à rétablir mon innocence, mais aussi à faire la lumière sur les circonstances qui ont conduit à mon injuste détention », avait alors assuré Carlos Ghosn.

L'ex-PDG avait été arrêté le 19 novembre à son arrivée à Tokyo et placé dans le centre de détention de Kosuge, dans le nord de la capitale, où il se trouve encore depuis plus de 100 jours. Sa famille avait annoncé lundi avoir décidé de saisir les Nations unies, estimant que les « droits fondamentaux » de l'ancien dirigeant de Renault et Nissan n'étaient pas respectés. Carlos Ghosn avait quant à lui dénoncé fin janvier, dans un entretien avec l'AFP, sa détention prolongée, un traitement qui « ne serait normal », selon lui, « dans aucune autre démocratie ».

Pour rappel, l'ex-PDG de Renault-Nissan est inculpé pour avoir minoré ses revenus déclarés aux autorités boursières dans des documents remis par Nissan pour les années 2010 à 2018, ainsi que pour des abus de confiance, des soupçons d'avoir tenté de faire porter à Nissan le fardeau de pertes financières personnelles et d'avoir rétribué, via une filiale du constructeur d'automobiles, un ami saoudien qui s'était porté garant pour le sortir de cette mauvaise passe.

Lors d'un entretien accordé à l'AFP, Carlos Ghosn avait ouvertement dénoncé « un complot » de Nissan à son encontre alors qu'il travaillait à la consolidation de l'alliance Renault-Nissan, projet d'intégration qui suscitait l'anxiété au sein du constructeur japonais, précise la même source. Des problématiques « politico-économiques » sur lesquelles son avocat ne souhaite pas se pencher, privilégiant « les accusations portées contre son client ».




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