Algérie : Abdelaziz Bouteflika met en garde contre le « chaos »

Algérie : Abdelaziz Bouteflika met en garde contre le « chaos »
Source : LesInfos.ma
08/03/2019 15:50

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a mis en garde jeudi contre une possible « infiltration » de la contestation, susceptible de provoquer le « chaos ».

Dans un message publié par l'agence de presse officielle APS et dont les points principaux ont été repris par l’AFP, le président Bouteflika salue d'abord la « maturité » de ceux qui manifestent depuis le 22 février en Algérie pour « exprimer pacifiquement leurs opinions », sans jamais évoquer le rejet de sa candidature à l'élection présidentielle. Il appelle ensuite « à la vigilance et à la prudence quant à une éventuelle infiltration de cette expression pacifique par une quelconque partie insidieuse, de l'intérieur ou de l'extérieur, qui pourrait susciter la « Fitna » (discorde, ndlr) et provoquer le chaos ».
Confronté, depuis qu'il a annoncé sa candidature à un 5e mandat, à une contestation inédite depuis qu'il a été élu pour la première fois en 1999, le président algérien n'a pas spécifié qui était susceptible d'être cette « partie insidieuse ».
Réfutant toute « logique d'intimidation » dans ses propos, Abdelaziz Bouteflika a exhorté ses concitoyens « et en premier lieu les mères », à veiller à « la préservation de l'Algérie, en général, et de ses enfants en particulier », en rappelant la « tragédie nationale » de la décennie de guerre civile (1992-2002).
Il a également évoqué les crises provoquées par le terrorisme dans les pays alentour, dénoncé les « haineux à l'étranger » qui « regrettent » que l'Algérie n'ait pas été touchée par « la déferlante du Printemps arabe », des cercles qui, selon lui, « n'ont jamais cessé de conspirer contre notre pays ».

Les avocats montent au créneau

Jeudi, la contestation s'est poursuivie, notamment dans la capitale, où les manifestations, officiellement interdites depuis 2001, sont désormais quasi-quotidiennes. Ainsi, un millier d'avocats du barreau d'Alger se sont rassemblés devant le siège du Conseil constitutionnel qui étudie, depuis le 4 mars, les dossiers de candidatures à la présidentielle, en réclamant qu'il invalide celle du chef de l’État.
Défilant sur environ 1,5 km, les avocats, en robes noires et brandissant des drapeaux algériens, sont parvenus à franchir, au prix de quelques bousculades mais sans heurts, plusieurs cordons de police pour parvenir au Conseil constitutionnel. « Nous demandons au Conseil constitutionnel d'assumer ses responsabilités (...) cette candidature est irrecevable », a expliqué à l'AFP Me Ahmed Dahim, membre du Conseil de l'ordre des avocats d'Alger, alors que ses confrères scandaient « Non au 5e mandat ! ».
Leurs confrères de Constantine, en grève depuis la veille, se sont aussi rassemblés devant le tribunal de la 3e plus importante ville du pays.
Le Conseil constitutionnel doit statuer sur les candidatures avant le 14 mars. Le Chef de l’État algérien a perdu au cours des dernières 24 heures le soutien, qui lui est habituellement acquis, des trois importantes associations liées à la guerre d'indépendance dont il est un ancien combattant, selon des communiqués publiés dans les médias locaux. Sur les réseaux sociaux, le hashtag « Mouvement_du_8 mars » appelle à une mobilisation massive ce vendredi.

Recherche
Newsletter
Conformément à la loi 09-08, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et d’opposition au traitement de vos données personnelles.
Ce traitement a été autorisé par la CNDP sous le n° D-W-343/2017

*: champ obligatoire

Météo Plus

En bref Voir plus

Les articles les plus lus

Buzz

En poursuivant votre navigation sur notre site internet, vous acceptez que des cookies soient placés sur votre terminal. Ces cookies sont utilisés pour faciliter votre navigation, vous proposer des offres adaptées et permettre l'élaboration de statistiques. Pour obtenir plus d'informations sur les cookies, vous pouvez consulter notre Notice légale