Vive contestation et grèves généralisées pour le retour de Bouteflika en Algérie

Vive contestation et grèves généralisées pour le retour de Bouteflika en Algérie
Source : LesInfos.ma
11/03/2019 10:40

A l'issue de deux semaines d'hospitalisation en Suisse pour des « examens médicaux », le président algérien Abdelaziz Bouteflika a regagné l'Algérie ce dimanche. Des milliers de manifestants protestant contre sa réélection accueillent le candidat au 5e mandat consécutif. Bouteflika affronte ainsi une contestation inédite en 20 ans de pouvoir.

L'Algérie est unie et unanime contre la réélection du président Abdelaziz Bouteflika ! Elle le prouve à nouveau ce dimanche, date de son retour de Genève suite à deux semaines d'hospitalisation pour « examens médicaux ». Bouteflika, officiellement de retour selon la présidence algérienne, fait ainsi face à une contestation inédite et historique. Depuis le 22 février, les Algériens descendent massivement dans la rue pour demander au chef de l’État, qui a fêté ses 82 ans durant son séjour suisse, de renoncer à briguer un 5e mandat.

Ce dimanche, dans le centre d'Alger, « des milliers de lycéens drapeaux algériens à la main ou noués autour du cou, se sont rassemblés durant plusieurs heures en scandant notamment "Hé, Bouteflika, pas de 5e mandat" avant de se disperser dans le calme en fin d'après-midi », décrit l'AFP. Un mouvement auquel s'est ajouté celui des étudiants et enseignants qui occupent à leur tour plusieurs universités du pays, « refusant de se plier à la décision des autorités, la veille, d'avancer d'une dizaine de jours à dimanche les vacances universitaires et de les allonger de fait d'autant », évoque la même source. La contestation dans les rangs des jeunes n'entend pas s'affaiblir. Une nouvelle marche estudiantine est d'ailleurs prévue mardi pour la 3e semaine consécutive. Ces marches s'accompagnent par ailleurs d'appels à la grève générale majoritairement suivis dans le pays. A Alger, aucun train - de banlieue ou grande ligne - ne partait des gares et aucun métro, tramway ou bus ne circulait.

Une majorité de magasins du centre commerçant de la capitale n'ont pas ouvert. Le marché Reda Houhou, ex-Clauzel, dans le centre, a fonctionné, mais une partie des commerçants n'ont pas rejoint leur étal.

De nombreuses boutiques du quartier populaire de Bab el Oued ou de Zéralda, en banlieue, sont aussi restées fermées, ont témoigné des habitants.

« La plupart des administrations ont semblé fonctionner, de même que les entreprises privées.

En revanche, "tout le monde" s'est mis "en grève", au siège de la Société nationale des Véhicules industriels (SNVI) dans la banlieue est d'Alger, selon un des 6.000 employés de cette entreprise publique de fabrication de camions, bus, véhicules de secours etc... Les employés du fournisseur national d'électricité et de gaz Sonelgaz ont fait grève une heure dans la matinée et recommenceront toute la semaine, a indiqué un salarié. Aucun vol de la compagnie aérienne nationale Air Algérie n'était en revanche annoncé annulé », rapporte l'AFP.

Selon la même source, le débrayage est diversement appliqué dans hors de la capitale. En effet, alors qu'à Oran (nord-ouest), la deuxième ville du pays, « on n'a pas l'impression qu'il y a une grève générale », indique un journaliste local, la situation est bien différente à Annaba et Béjaia. Dans la première : tous les marchés, commerces et administrations sont fermés, selon un journaliste de la ville, dans la seconde, située dans la région de Kabylie (nord) « tout est fermé »: lycées, collèges, administrations et entreprises, affirme à l'AFP Achour Idir, un syndicaliste du secteur de l’Éducation, qui décrit une « paralysie totale de la ville ».

Les grands groupes industriels tels que le conglomérat Cevital (agroalimentaire, grande distribution, industrie et services) - plus important groupe privé algérien – ou encore quelques entités de l'entreprise nationale des hydrocarbures, la Sonatrach sont déclarés solidaires avec le mouvement de grève générale. Tous militent pour un changement de système en Algérie.

Pour rappel, le président Abdelaziz Bouteflika ne s'est pas adressé de vive voix à ses concitoyens depuis 2013, en raison d'un AVC, rendant ainsi ses apparitions publiques plus rares.




Recherche


Les articles les plus lus

Buzz

Newsletter
Conformément à la loi 09-08, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et d’opposition au traitement de vos données personnelles.
Ce traitement a été autorisé par la CNDP sous le n° D-W-343/2017

*: champ obligatoire

En poursuivant votre navigation sur notre site internet, vous acceptez que des cookies soient placés sur votre terminal. Ces cookies sont utilisés pour faciliter votre navigation, vous proposer des offres adaptées et permettre l'élaboration de statistiques. Pour obtenir plus d'informations sur les cookies, vous pouvez consulter notre Notice légale