Renault Trucks face à plus de 1.200 plaignants exposés à l'amiante

Renault Trucks face à plus de 1.200 plaignants exposés à l'amiante
Source : Sciencesetavenir.fr
12/03/2019 15:06

"Que ce procès serve de leçon": plus de 1.200 retraités ou salariés en fin de carrière de Renault Trucks à Vénissieux (Rhône) ont voulu faire valoir mardi un "préjudice d'anxiété" devant le conseil des prud'hommes de Lyon.

"Il faut que le lieu de travail soit sain et que nos enfants ne connaissent pas cela", a déclaré à l'AFP l'une des plaignantes, Nicole Gros, retraitée de 63 ans, dont le mari et le fils travaillent également chez Renault Trucks.

"On s'en fiche du côté financier", a ajouté Mme Gros, forte de ses 42 ans de carrière chez "Berliet", qui devint Renault Trucks, désormais filiale de Volvo.

"Dans notre famille, on est déjà bien touché par les cancers, on n'avait pas besoin de ça, surtout que les conséquences peuvent arriver dans dix ou vingt ans et, de temps en temps, on se demande ce qui va se passer", a-t-elle dit.

Mardi, le conseil des prudhommes a examiné 1.208 dossiers. Environ 200 autres feront l'objet d'une autre audience dans quelques mois.

L'audience, hors normes au vu du nombre de plaignants, a été délocalisée dans une salle polyvalente à Rillieux-la-Pape, dans la banlieue lyonnaise.

Le jugement a été mis en délibéré au 29 octobre prochain, pour laisser aux juges le temps d'étudier tous les dossiers.

"La jurisprudence est extrêmement claire : à partir du moment où les salariés prouvent qu'ils ont travaillé sur un site classé amiante, ils ont le droit de bénéficier du préjudice d'anxiété", a estimé l'avocat des plaignants, Me Cédric de Romanet.

- 18 millions d'euros -

Le site de Renault Trucks (ex-RVI) à Vénissieux a été reconnu site amiante par arrêté publié au Journal officiel à l'automne 2016, permettant ainsi aux salariés en poste jusqu'en 1996 d'avoir droit au dispositif de retraite anticipée des travailleurs de l'amiante.

Cette inscription concerne la période allant de 1964 à 1996.

Me de Romanet a réclamé 15.000 euros pour chacun des plaignants, soit 18 millions d'euros au total, considérant que "les études épidémiologiques montrent, malheureusement, que le temps d'exposition est sans effet" sur le risque de développer une maladie grave liée à l'amiante.

L'avocate de Renault Trucks et des quatre autres sociétés mises en cause, Me Elodie Bossuot-Quin, a plaidé que seuls deux secteurs de ce "site industriel très étendu" d'environ 79 hectares étaient concernés par l'exposition à l'amiante - la fonderie et l'activité car et bus -, contestant "l'exposition au risque dans les autres secteurs"...

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