Logo

CAN 2025 : le jour où le Maroc a compris

Par EL BARHRASSI Meryem -le

CAN 2025 : le jour où le Maroc a compris
La Coupe d’Afrique des Nations 2025 n’a pas seulement raconté une histoire de football. Elle a révélé une fracture plus profonde : celle du regard que l’Afrique porte sur la réussite du Maroc. Une CAN qui a servi de miroir, parfois flatteur, souvent brutal.

Dès avant le premier match, le verdict était prêt. Compétition “fabriquée”. Arbitres “orientés”. Organisation “suspecte”. Peu importait ce que le Maroc ferait. Le scénario était déjà écrit. Non pas contre une équipe, mais contre un pays. Le problème n’a jamais été le score. Le problème, c’est que le Maroc avance.

 

Cette CAN a mis en lumière une vérité inconfortable : en Afrique, la réussite dérange plus qu’elle n’inspire. Lorsqu’un pays décide d’investir, de planifier, de construire et de livrer proprement, il ne devient pas un modèle. Il devient une cible. Non pas parce qu’il triche, mais parce qu’il casse le confort de la médiocrité partagée.

 

Le Maroc a organisé. Le Maroc a construit. Le Maroc a livré une CAN saluée partout, sauf là où cela faisait mal : chez ceux qui confondent solidarité et nivellement par le bas. Car dans certains esprits, l’Afrique doit rester à égalité dans l’impréparation. Celui qui sort du rang est soupçonné.

 

La finale n’a fait que révéler ce malaise. Déclarations ambiguës. Sous-entendus. Mise en scène de la suspicion. Le terrain devenait secondaire. Le vrai match se jouait ailleurs : dans le refus d’admettre qu’un pays africain puisse faire mieux que les autres sans tricher.

 

Même la défaite du Maroc n’a rien changé. Elle n’a pas apaisé. Elle n’a pas lavé les soupçons. Parce que le problème n’était pas la victoire ou la défaite. Le problème, c’était l’exemple.

 

Sur les réseaux sociaux, les masques sont tombés. Derrière les slogans panafricanistes, on a vu surgir les vieilles rancunes, les complexes, les jalousies mal digérées. Le Maroc n’était plus jugé sur son football, mais sur sa trajectoire. On ne critiquait pas un match. On attaquait une réussite.

 

Cette CAN a montré une Afrique qui parle d’unité mais supporte mal la différence de niveau. Une Afrique qui célèbre le progrès tant qu’il reste théorique, mais le combat dès qu’il devient réel. La réussite de l’un devient l’échec des autres. Et au lieu d’élever, on soupçonne.

 

Il faut le dire clairement : le Maroc n’a pas humilié l’Afrique. Il l’a mise face à elle-même. Il a montré ce que le continent peut produire quand il choisit la rigueur plutôt que l’improvisation, l’ambition plutôt que la plainte. Ce n’est pas cela qui a choqué. Ce qui a choqué, c’est que ce soit possible.

 

Cette CAN a brisé une illusion : celle d’une fraternité automatique. La fraternité existe tant que personne ne prend trop d’avance. Dès qu’un pays accélère, les discours changent. Les sourires se crispent. Les applaudissements deviennent des murmures.

 

Le Maroc a peut-être perdu une finale. Mais il a gagné une lucidité. Celle de comprendre que progresser, c’est accepter de déranger. Que réussir, c’est s’exposer. Et que l’approbation ne vient jamais de ceux que votre réussite met mal à l’aise.

 

Le choix est désormais clair : soit ralentir pour rassurer. Soit continuer d’avancer sans demander la permission. L’histoire ne se fait jamais avec ceux qui attendent. Elle se fait avec ceux qui marchent, même seuls.

 

Cette CAN n’a pas seulement livré un trophée. Elle a livré une leçon : on ne grandit pas sans être contesté. Et parfois, le vrai prix de la réussite, c’est d’apprendre à avancer sans être aimé.


Logo

Qui Sommes Nous ?

Lesinfos.ma , 10 ans d'actualités respectant les normes légales marocaines. Infos continues, alertes quotidiennes, et newsletter. Expérience éditoriale légitime et innovante en communication ciblée et marketing numérique.

2026 © LESINFOS.MA