Le secteur du transport vit une période de fortes turbulences. L’essor rapide et non régulé des applications intelligentes, conjugué à l’absence d’un cadre juridique clair, a accentué les tensions entre chauffeurs professionnels et ceux opérant via les plateformes numériques. Des affrontements continuent d’être signalés, révélant un malaise profond et l’urgence d’une solution institutionnelle.
Dans ce contexte tendu, la Confédération démocratique du transport (CDT) a lancé une initiative qu’elle présente comme un premier pas vers la régulation. Selon le quotidien Al Ahdath Al Maghribia, le syndicat a adressé, en début de semaine, des demandes d’autorisation d’exercer le transport via les applications intelligentes au ministère de l’Intérieur et aux autorités concernées, au profit de chauffeurs affiliés à ses structures.
La démarche repose sur le dépôt de demandes individuelles, encadrées sur le plan syndical, afin de faire basculer une activité exercée dans l’illégalité vers un cadre organisé et transparent. Les dossiers transmis comprennent des données professionnelles détaillées : expérience des chauffeurs, nombre de courses effectuées, évaluations des clients, horaires de travail et informations relatives aux plateformes utilisées. L’objectif est de fournir aux autorités une vision précise des pratiques réelles du secteur.
Par cette initiative, la Confédération affirme privilégier le dialogue institutionnel et plaide pour une législation équilibrée, capable de protéger les droits des chauffeurs tout en répondant aux attentes des usagers en matière de qualité et de modernisation des services.
En parallèle, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a confirmé que son département travaille sur une réforme législative et réglementaire globale destinée à encadrer l’utilisation des applications de transport. Cette réforme, menée en coordination avec plusieurs départements et institutions, vise à concilier innovation technologique, respect du cadre légal et concurrence équitable entre les acteurs.
Dans l’attente de l’aboutissement de ce chantier, le ministère indique accompagner le secteur à travers des décisions préfectorales encadrant provisoirement les conditions d’exercice via les plateformes numériques. De leur côté, les syndicats continuent d’appeler à mettre fin au transport non autorisé, tout en réaffirmant qu’ils ne s’opposent pas aux applications en tant que telles. Leur revendication est claire : moderniser le transport, mais dans un cadre légal juste, stable et équitable, seul capable de mettre fin à l’instabilité actuelle.


