La réforme de la protection sociale poursuit sa montée en puissance. Réunie avec le directeur général de la CNSS, Hassan Boubrik, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a ouvert un nouveau chantier de discussion autour des relations avec les entreprises et des équilibres du système.
Lors de cette rencontre, le président de la CGEM, Chakib Alj, a salué la dynamique engagée par la Caisse. Il a mis en avant « la qualité du dialogue entre les deux institutions », tout en soulignant les progrès réalisés, notamment en matière de digitalisation des services et d’amélioration de la qualité de service.
Les entreprises au cœur de l’équation
Au fil des échanges, un constat s’impose : les entreprises jouent un rôle central dans la réussite de la réforme. Elles contribuent au financement du système, mais aussi à la création d’emplois et au renforcement de l’employabilité.
Dans ce contexte, la CGEM a insisté sur un point d’équilibre à préserver. L’organisation patronale appelle à garantir la compétitivité des entreprises tout en assurant la soutenabilité du régime des pensions. Une équation délicate, alors que les équilibres financiers du système nécessitent des ajustements à court terme.
L’informel, un enjeu majeur
Autre point central, la question du secteur informel. Les deux parties ont reconnu la nécessité d’élargir l’assiette des cotisations pour consolider le système.
La CGEM a plaidé pour une mobilisation collective afin d’encourager la formalisation, en s’appuyant sur le rôle structurant des entreprises organisées. L’objectif est d’intégrer progressivement les acteurs informels, tout en mettant en place des mécanismes incitatifs et des dispositifs de contrôle adaptés.
Une CNSS engagée dans la transformation
De son côté, Hassan Boubrik a réaffirmé l’engagement de la CNSS à accompagner les entreprises dans cette phase de transformation. Il a insisté sur la simplification des procédures et la digitalisation des parcours, présentées comme des leviers essentiels pour améliorer l’expérience des usagers.
Le directeur général a également mis en avant les efforts déployés pour renforcer la transparence et la lisibilité du système, ainsi que les dispositifs d’accompagnement destinés aux TPME.
Selon lui, « la généralisation de la protection sociale constitue une réforme structurante qui nécessite une coopération étroite entre l’ensemble des parties prenantes ».
Dans un contexte marqué par des enjeux financiers importants, la réforme avance sur une ligne de crête. Entre impératifs sociaux et contraintes économiques, l’équilibre reste à construire.
Pour la CGEM comme pour la CNSS, la clé réside dans le dialogue. Un dialogue appelé à se renforcer pour garantir la pérennité du système et accompagner sa montée en charge.


