La lutte contre le décrochage scolaire des filles franchit un nouveau cap au Maroc. Grâce à un modèle innovant de maintien à l’école, certaines écoles ont réussi à atteindre un taux de décrochage nul durant l’année scolaire 2024-2025, selon Laura Bill, Représentante de l’UNICEF au Maroc.
Développé en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, ce dispositif repose sur une approche multisectorielle centrée sur l’accompagnement individualisé des élèves et l’amélioration de l’environnement scolaire.
Le programme s’appuie sur plusieurs outils concrets : guides pédagogiques pour les directeurs et enseignants, initiatives d’innovation sociale inspirées de l’approche UPSHIFT, dispositifs de soutien à l’hygiène menstruelle, ainsi que des actions de plaidoyer portées directement par les élèves.
Dans les régions pilotes de Béni Mellal-Khénifra, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et l’Oriental, plus de 5.500 jeunes, majoritairement des filles, ont bénéficié de ces programmes. Les résultats sont jugés particulièrement encourageants, au point que l’évaluation finale recommande désormais l’institutionnalisation de ce modèle à l’échelle nationale.
Au-delà de la lutte contre l’abandon scolaire, l’année 2025 a également été marquée par des avancées notables en matière d’inclusion. L’intégration des enfants migrants et réfugiés a bénéficié d’initiatives ciblées, notamment à travers la création d’un kit d’inclusion comprenant des outils de transition linguistique en arabe et en français ainsi que des guides d’accueil scolaire. Une trentaine de formateurs ont été mobilisés pour accompagner ce déploiement.
Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique et les séquelles du séisme de 2023, l’UNICEF a aussi renforcé son action sur les infrastructures scolaires. Sept établissements situés dans les régions de Marrakech et de Souss-Massa ont été réhabilités avec des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène adaptés aux défis climatiques.
Ces infrastructures rénovées, accessibles et sensibles au genre, profitent désormais à plus de 3.300 élèves, offrant des conditions d’apprentissage plus sûres et plus inclusives. Cette expérience contribue actuellement à l’élaboration des premières normes nationales WASH en milieu scolaire.
Parallèlement, un kit de préparation aux situations d’urgence destiné aux enseignants est en cours de finalisation. Il comprend des modules de soutien psychosocial et des outils pédagogiques adaptés aux contextes de crise, afin de renforcer la résilience du système éducatif.
L’année 2025 marque également une avancée importante dans la participation des enfants aux politiques publiques. Pour la première fois au Maroc, 372 enfants ont contribué à l’élaboration d’un rapport destiné au Comité des droits de l’enfant des Nations Unies, avec l’appui du Conseil national des droits de l’Homme.
Sur le plan social, les progrès sont également significatifs. Le taux de couverture sociale est passé de 58 % en 2021 à 80 % en 2025, tandis que les transferts monétaires mensuels prévisibles concernent désormais 5,6 millions d’enfants vulnérables.
Pour limiter les risques d’exclusion liés à l’enregistrement numérique, l’UNICEF a plaidé pour une gouvernance territorialisée, contribuant notamment au lancement, en juillet 2025, de la première représentation territoriale de l’Agence nationale du soutien social dans la province d’El Jadida.
Pour Laura Bill, ces avancées traduisent une transformation progressive du système éducatif et social marocain, plus inclusif, plus résilient et davantage centré sur les droits de l’enfant. Mais elle rappelle que les défis restent importants, notamment pour généraliser les bonnes pratiques et réduire les disparités territoriales.
« Ensemble, nous poursuivrons les transformations durables pour chaque enfant », conclut la Représentante de l’UNICEF au Maroc.


