L’été 2026 pourrait être marqué par de fortes turbulences pour les voyageurs. Plusieurs compagnies aériennes ont commencé à supprimer des milliers de vols face à la hausse persistante du prix du kérosène et aux inquiétudes liées à l’approvisionnement énergétique mondial.
Le signal d’alerte a été lancé sur les réseaux sociaux par l’influenceuse voyage Karen Schaler, connue sous le compte @traveltherapy, qui invitait les voyageurs à réserver le plus tôt possible. Un conseil partagé par le patron de Ryanair, Michael O’Leary, qui estime que les craintes de pénurie de carburant freinent fortement les réservations.
Cette situation frappe particulièrement les compagnies low cost, qui représentent plus d’un tiers du marché mondial. Avec des billets vendus à bas prix, elles disposent de marges plus faibles pour absorber l’explosion des coûts du carburant.
Selon Dudley Shanley, analyste financier chez Goodbody, les ajustements de plans de vol restent habituels à cette période de l’année, mais si les prix du kérosène se maintiennent à ces niveaux, les transporteurs à bas coût devront encore réduire davantage leur offre.
Le secteur aérien s’accorde sur un point : tant que la guerre perturbera les importations de pétrole et de kérosène en provenance des pays du Golfe, les vols les moins rentables ne pourront pas tous être maintenus, notamment pendant la haute saison estivale.
Le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, a d’ailleurs averti que de nombreuses vacances pourraient être perturbées par des annulations ou par des billets à des prix « très, très élevés ».
Certaines compagnies ont déjà pris des décisions concrètes. La canadienne Air Transat a réduit de 6 % son programme de vols entre mai et octobre. La thaïlandaise AirAsia X a également supprimé plusieurs liaisons, dont Bangkok–Shanghai.
Le groupe allemand Lufthansa a annoncé la mesure la plus spectaculaire avec la suppression de 20.000 vols d’ici fin octobre, accompagnée de l’arrêt de sa filiale régionale CityLine.
De son côté, Air France-KLM a annulé 2 % des vols de Transavia en mai et juin, tandis que KLM a limité ses suppressions à moins de 1 % de ses vols européens. L’espagnole Volotea a également réduit près de 1 % de ses vols sur les six prochains mois.
Chez Ryanair, la compagnie invoque aussi une pression fiscale en Allemagne pour justifier une réduction de moitié de son programme depuis Berlin à partir d’octobre, ainsi qu’une baisse de 10 % de ses vols estivaux depuis Dublin.
Dans ce contexte, les voyageurs sont appelés à anticiper davantage leurs réservations, alors que l’été s’annonce sous tension sur le front du transport aérien mondial.


