Donald Trump durcit les conditions des discussions engagées autour d’un éventuel accord de paix avec l’Iran. Le président américain réclame désormais que plusieurs pays arabes à majorité musulmane normalisent officiellement leurs relations avec Israël, plaçant les accords d’Abraham au cœur des négociations régionales.
Dans un message publié lundi sur sa plateforme Truth Social, le locataire de la Maison Blanche a affirmé que les États-Unis avaient fourni d’importants efforts diplomatiques pour tenter de mettre fin à la guerre avec Téhéran. En contrepartie, il estime que plusieurs États du Moyen-Orient devraient signer simultanément les accords d’Abraham.
Donald Trump a cité en priorité l’Arabie saoudite et le Qatar. Selon lui, ces deux pays doivent ouvrir la voie à une nouvelle vague de normalisations avec Israël. « S’ils ne le font pas, ils ne devraient pas faire partie de cet accord », a-t-il écrit, évoquant même de « mauvaises intentions » pour les États qui refuseraient cette condition.
Signés en 2020 sous l’impulsion de Trump lors de son premier mandat, les accords d’Abraham avaient permis l’établissement de relations diplomatiques entre Israël et plusieurs pays arabes, notamment le Maroc, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan. Depuis, d’autres États ont hésité à rejoindre cette dynamique, en particulier Riyad.
L’Arabie saoudite continue de conditionner toute normalisation avec Israël à la création d’un État palestinien souverain. Une position renforcée depuis le début de la guerre à Gaza déclenchée après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu reste, lui, opposé à cette perspective.
Le Qatar se retrouve également dans une position délicate. Doha joue depuis plusieurs années un rôle de médiateur entre Israël et le Hamas et accueille la direction politique du mouvement palestinien depuis 2012. Les tensions se sont toutefois aggravées après des frappes israéliennes menées à Doha en septembre 2025 contre des responsables du Hamas.
Malgré ces blocages, Donald Trump continue de pousser pour un élargissement rapide des accords d’Abraham. Le président américain est même allé jusqu’à évoquer l’hypothèse d’une reconnaissance d’Israël par l’Iran lui-même, une perspective hautement improbable au regard de l’hostilité historique entre les deux pays.
Cette sortie intervient alors que plusieurs responsables américains et iraniens évoquaient ces derniers jours des avancées dans les discussions visant à mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février après les frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre Téhéran.
Pour Donald Trump, les accords d’Abraham restent un levier diplomatique majeur. Il affirme que les pays signataires ont bénéficié d’un « boom économique et financier » malgré les tensions régionales persistantes. Pourtant, même les Émirats arabes unis, alliés proches de Washington et partenaires d’Israël, figurent désormais parmi les cibles privilégiées de l’Iran depuis le début du conflit.


