Les ménages marocains pourraient bientôt voir disparaître l’une des rares baisses de prix enregistrées ces dernières semaines. Alors que la viande rouge reste hors de portée de nombreux foyers, le recul du prix du poulet avait offert un léger soulagement. Cette tendance devrait toutefois s’inverser dans les semaines à venir.
Selon les professionnels du secteur avicole, la baisse observée récemment s’explique avant tout par une offre exceptionnellement abondante, provoquée par une surproduction de poussins. Cette situation a entraîné un déséquilibre du marché et contraint de nombreux éleveurs à vendre en dessous de leurs coûts de production.
Une surproduction en voie de régulation
Pour rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande, les opérateurs du secteur ont engagé plusieurs mesures de régulation. La production de poussins est progressivement réduite et une partie des volailles reproductrices est retirée du circuit, dans le but de limiter les volumes mis sur le marché.
Cette stratégie devrait progressivement réduire l’offre disponible et favoriser une remontée des prix, d’autant que la saison estivale s’accompagne traditionnellement d’une forte consommation. Les vacances, les mariages et l’activité soutenue de la restauration rapide contribuent chaque année à accroître la demande en viande de volaille.
Les professionnels estiment que les niveaux de production enregistrés cette année étaient largement supérieurs aux besoins habituels du marché, générant d’importantes pertes financières pour les éleveurs et fragilisant l’ensemble de la filière.
Une filière en quête de stabilité
Au-delà des fluctuations saisonnières, le secteur continue de faire face à plusieurs difficultés structurelles. Les acteurs de la filière pointent notamment les déséquilibres dans la planification de la production ainsi que le rôle des intermédiaires, souvent accusés d’accentuer la volatilité des prix.
Ils appellent à la mise en place de mécanismes permettant d’assurer un meilleur équilibre entre l’offre et la demande, afin de garantir des revenus plus stables aux producteurs tout en limitant les variations de prix pour les consommateurs.
Le poulet, une protéine devenue indispensable
Dans un contexte marqué par la flambée persistante des prix de la viande rouge, le poulet s’impose plus que jamais comme la principale source de protéines animales pour une grande partie des ménages marocains. Cette consommation soutenue tout au long de l’année rend la stabilité des prix particulièrement sensible pour le pouvoir d’achat.
Plus largement, plusieurs observateurs estiment que le secteur gagnerait à diversifier les sources de protéines disponibles sur le marché national. Une meilleure valorisation des ressources halieutiques et le développement d’autres filières d’élevage pourraient contribuer à réduire la pression sur la demande en viandes rouge et blanche et à mieux répondre aux besoins des consommateurs.


