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Affaire Mehdi Black Wind : artistes, journalistes et société civile montent au créneau

Par EL BARHRASSI Meryem -le

Affaire Mehdi Black Wind : artistes, journalistes et société civile montent au créneau
Détenu provisoirement depuis le 15 juillet, le rappeur Mehdi Black Wind voit les soutiens se multiplier. Artistes, journalistes, militants, élus et avocats dénoncent les poursuites engagées contre lui et appellent au respect de ses droits.

Le soutien à Mehdi Black Wind ne cesse de grandir. Depuis son placement en détention provisoire, le 15 juillet, le rappeur marocain fait l’objet d’une vaste mobilisation qui dépasse largement le monde du hip-hop. Artistes, journalistes, acteurs de la société civile, responsables politiques et défenseurs des droits humains réclament sa libération, tandis qu’une pétition en ligne continue de recueillir des signatures.

 

L’affaire débute le 10 juillet, lorsque El Mahdi Lyoubi, connu sous son nom de scène Mehdi Black Wind, s’apprête à regagner Marseille après un séjour familial au Maroc. À l’aéroport de Rabat-Salé, la Police aux frontières lui notifie une interdiction de quitter le territoire et l’empêche d’embarquer.

 

Trois jours plus tard, l’artiste est convoqué par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) à Casablanca. À l’issue de son audition, il est placé en garde à vue avant d’être présenté, le 15 juillet, devant le procureur du Roi.

 

Le même jour, Mehdi Black Wind comparaît devant le tribunal. Refusant d’être jugé en comparution immédiate, il obtient le renvoi de son dossier. Sa première audience est fixée au 22 juillet, dans l’attente de laquelle il est placé en détention provisoire à la prison locale d’Aïn Sebaâ, dite Oukacha.

 

Selon un communiqué de son comité de soutien, le rappeur est poursuivi pour « outrage à une institution constitutionnelle ». À ce stade, les autorités judiciaires n’ont pas détaillé publiquement les faits à l’origine des poursuites.

 

Depuis son incarcération, la mobilisation s’est intensifiée. Plusieurs figures de la scène musicale marocaine, y compris des artistes habituellement rivaux, ont affiché leur soutien au rappeur au nom de la défense de la liberté d’expression.

 

Une pétition lancée dans ce sens a d’abord été signée par plus de 500 artistes, journalistes, militants et parlementaires, avant de dépasser les 3.000 signatures. Un rassemblement de soutien est également annoncé devant le tribunal de première instance d’Aïn Sebaâ, où l’artiste doit comparaître.

 

Dans un communiqué publié mardi, les avocats internationaux de Mehdi Black Wind ont également exprimé leurs préoccupations.

Olivier Peter, avocat au barreau de Genève, ainsi qu’Aïnoha Pascual et Damia Taharraoui, inscrites au barreau de Paris, estiment que la grève des avocats au Maroc a empêché leur client de bénéficier de l’assistance de ses conseils marocains depuis le début de la procédure.

 

Ils considèrent que cette situation impose une vigilance particulière quant au respect des droits de la défense et du droit à un procès équitable. Les trois avocats annoncent par ailleurs leur déplacement à Casablanca afin d’assister à l’audience et d’apporter leur soutien à leur client.

 

L’affaire continue ainsi de susciter un large débat, mêlant questions de liberté d’expression, garanties procédurales et traitement judiciaire des artistes engagés.


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