En deux ans, 1 044 personnes ont été arrêtées pour usage ou promotion de la « poufa ». Selon l’Observatoire national de la criminalité (ONC), 792 interpellations ont eu lieu en milieu urbain contre 252 en zones rurales. Au total, 878 affaires ont conduit à la saisie de plus de 18 kg de cette substance.
Les chiffres révèlent une hausse rapide : 92 arrestations en 2022, contre 482 en 2023 et 470 en 2024. Trois décès, dont celui d’une femme, ont été recensés sur la même période.
La « poufa » s’implante dans les quartiers précaires des grandes villes. Son usage est majoritairement masculin : 343 hommes contre 55 femmes arrêtés en 2023, puis 293 contre 19 en 2024. L’ONC établit aussi un lien entre cette drogue et la violence : les actes recensés sous son emprise sont passés de 4 en 2022 à 37 en 2023.
La région Casablanca-Settat concentre la majorité des cas avec 712 procédures et 860 arrestations. Elle est suivie par Rabat-Salé-Kénitra (107 arrestations), Béni Mellal-Khénifra (27) et Marrakech-Safi (24). Aucun cas n’a été signalé dans les régions du Sud ni à Drâa-Tafilalet.
L’ONC pointe des obstacles multiples :
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Législatif : le dahir de 1974, obsolète face aux drogues de synthèse.
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Institutionnel : manque de coordination et prérogatives floues de la Commission nationale des drogues.
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Technique : laboratoires mal équipés pour identifier les nouvelles compositions.
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Social : stigmatisation des usagers et manque de sensibilisation.
L’Observatoire recommande une mise à jour de la loi, le renforcement des capacités de détection, la création de centres régionaux pour traiter les addictions et des alternatives à l’incarcération. Il plaide également pour la réinsertion des usagers guéris et un renforcement de la coopération internationale.
La progression de la « poufa » confirme l’émergence d’un défi sécuritaire, sanitaire et social auquel le Maroc devra répondre avec des outils adaptés.


