Fin de course pour les VTC. Le ministère des Transports et de la Logistique a officiellement interdit la délivrance de licences pour les services de transport via applications intelligentes. Une décision ferme, justifiée par l’absence de cadre légal clair dans la législation actuelle encadrant le transport public de personnes. Autrement dit, les “Uber à la marocaine” n’ont pas encore de base juridique pour circuler.
Dans un communiqué, le ministère précise que seules les personnes physiques ou morales disposant d’une autorisation de transport public peuvent exercer cette activité. Toute autre forme de transport via des véhicules privés est considérée comme illégale et passible de sanctions financières, voire pénales. « Le transport via des applications relève essentiellement du périmètre urbain, placé sous la responsabilité du ministère de l’Intérieur », a ajouté le département d’Abdessamad Kayouh.
Une mise au point qui fait suite à la montée des tensions entre les chauffeurs de taxis classiques et les conducteurs de VTC, ces derniers étant accusés de concurrence déloyale. En juillet déjà, Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, avait rappelé que le transport de personnes sans autorisation légale constitue une infraction, passible de sanctions prévues par le dahir royal n° 1.63.260 et la loi n° 52.05 relative au Code de la route.
Sur le terrain, les taxis appliquent des tarifs réglementés selon le kilométrage et la ville, tandis que les VTC fixent librement leurs prix via des plateformes numériques. Un déséquilibre qui a nourri la colère des professionnels du secteur.
Pour l’heure, la position du gouvernement semble claire : pas de transport connecté sans cadre légal. Mais dans un marché où la demande de mobilité numérique ne cesse de croître, la question reste ouverte : combien de temps encore cette interdiction tiendra-t-elle ?


