La décision a été prise lundi dernier par l’Agence Autonome de Contrôle et de Coordination des Exportations, relevant du ministère de l’Agriculture. Elle intervient dans un contexte de tension sur les prix des tomates sur le marché intérieur, poussant les autorités à privilégier l’approvisionnement local au détriment des exportations.
Selon la Fédération interprofessionnelle marocaine de la production et de l’exportation des fruits et légumes, cette mesure a été adoptée de manière consensuelle entre le ministère et les professionnels du secteur. Elle vise à freiner la hausse des prix et à garantir une meilleure disponibilité du produit sur le marché national.
Cependant, cette orientation suscite des réserves au sein de la profession. Les exportateurs alertent sur les risques liés à la crédibilité du Maroc sur ses marchés traditionnels, notamment en Afrique et en Europe. Ils estiment que des ruptures de contrats pourraient pousser certains partenaires à se tourner vers d’autres pays fournisseurs.
Les opérateurs rappellent également que les engagements commerciaux existants doivent être respectés, dans un contexte où la confiance constitue un élément clé des échanges internationaux. Une remise en cause prolongée des flux d’exportation pourrait fragiliser des relations commerciales construites sur plusieurs années.
En 2024, le Maroc a exporté environ 767 347 tonnes de tomates fraîches, pour une valeur estimée à 975 millions d’euros. L’Union européenne représentait à elle seule 75,6 % de ces exportations, suivie par le Royaume-Uni avec 16,58 %, confirmant l’importance stratégique de ces marchés pour le secteur.


